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Société

Quand la solidarité avec les rroms s’amplifie

Saint-Ouen : Les rroms expulsés installent un campement sous la fenêtre du maire

Flora Carpentier {{}} A l’appel de diverses organisations associatives et politiques, une centaine de personnes se sont rassemblées ce jeudi devant la mairie de Saint-Ouen, pour protester contre les expulsions. La mobilisation prend corps autour de la situation des familles rroms expulsées cet été du village d’insertion, dont la situation est de plus en plus critique après sept semaines passées à la rue.

Les rroms ont pris la parole pour dénoncer le mépris dont ils sont victimes, alors même qu’ils ont répondu à toutes les conditions exigées par les artisans de leur « programme d’insertion » pour obtenir un logementdécent : scolariser les enfants, apprendre le français, trouver un emploi… certains d’entre eux payent même des impôts. Après tous leurs efforts, la situation invraisemblable dans laquelle se trouvent aujourd’hui ces familles est vécue comme une humiliation supplémentaire pour cette population qui souffre déjà du racisme et des discriminations quotidiennes.

Pendant que la question des réfugiés est sur toutes les lèvres…

Le NPA a rappelé la nécessité de se battre pour l’ensemble des réfugiés, quelque soient leurs origines et les raisons qui les poussent à migrer sur le territoire hexagonal. Pendant que le gouvernement est en train de se servir de la question des réfugiés pour tenter de se donner une apparence progressiste, il est en réalité en train d’opérer un tri entre ceux qui seraient légitimes pour obtenir le droit d’asile et ceux qui ne le seraient pas. Cette division des migrants, entre ceux fuyant des guerres qu’on devrait accueillir - partiellement - et les autres qui fuient la misère économique, est nauséabonde et ne fait qu’alimenter un climat des plus réactionnaires. Ce sont ces divisions qui ont toujours relégué la population rrom au rang d’une des plus opprimées d’Europe, sujet sur lequel nous revenons dans l’article « Le parcours tortueux du peuple Rrom ». Alors que les politiques impérialistes et guerrières de la France portent une grande part de responsabilité dans l’afflux de migrants, seule la lutte contre notre propre impérialisme pourra apporter des solutions de fond et permettre de combattre la xénophobie. Pour mettre fin au drame des milliers de morts de migrants aux portes de l’Europe, et à la situation d’extrême précarité à laquelle sont condamnés les réfugiés sur le sol français, c’est pour l’ouverture des frontières et la régularisation de tous les sans-papiers que nous devons nous battre aujourd’hui.

A Saint-Ouen, la solidarité grandissante permet de passer à l’offensive

Alors que les pouvoirs publics savent profiter de la période estivale pour s’attaquer aux populations les plus vulnérables, la rentrée a permis de remobiliser les habitants de Saint-Ouen en solidarité avec les familles rroms. Une délégation d’enseignants du collège Jaurès, où sont scolarisés certains enfants expulsés du village d’insertion, s’était déplacée pour faire part de son indignation. Dans plusieurs écoles et collèges de la ville, des militants du réseau de solidarité ont organisé des collectes de nourriture et de fournitures, et fait tourner des pétitions. Le NPA Saint-Ouen a lancé une campagne de photos solidaires, qui a connu un premier accueil positif sur le marché dimanche dernier et que le rassemblement a permis d’amplifier, totalisant à ce jour une soixantaine de photos.

La mobilisation commençant à gagner du terrain, le réseau de solidarité a décidé l’installation d’un campement sous les fenêtres de la mairie, légalisé par le DAL auprès de la préfecture sous la forme d’une manifestation statique, déclarée pour sept jours renouvelables. C’est la même démarche qui a été engagée pour permettre aux mal-logés de camper sur la place de la République à Paris depuis cet été. Alors que le maire audonien William Delannoy (divers droite) continue de faire la sourde oreille, la mise en place de bâches et de banderoles permet de visibiliser la lutte pour le relogement et d’appeler à la solidarité des habitants de Saint-Ouen. Dans un contexte de crise autour de la question migratoire, et alors même qu’à Porte de Saint-Ouen des réfugiés syriens campent en pleine rue après s’être fait chassés d’un parc, il va bien falloir que la mairie de Saint-Ouen prenne position et sorte de son mutisme. A ses risques et périls…




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