Politique

Cocorico et marinières

Salon du Made in France. Le chauvinisme économique sur le devant de la scène

Publié le 17 novembre 2016

Le cinquième salon consacré aux produits « made in France » s’ouvre ce vendredi, et semble faire l’unanimité, dans les médias comme chez les politiciens, ce qui était loin d’être le cas en 2012, pour sa première édition qui n’avait bénéficié que d’une attention très relative. Un retour en force du discours sur l’économie bleu blanc rouge, relayé par tous les candidats possibles et hypothétiques aux diverses primaires qui vont se bousculer au portillon.

A. Bronstein

C’est aujourd’hui vendredi 18 octobre qu’ouvre ses portes la cinquième édition du Salon du produit Made in France. C’est aussi la première année que l’événement bénéficie d’une telle couverture médiatique, à grand renfort d’images de coqs et autres illustrations bleu-blanc-rouge. Et ce n’est pas une coïncidence, à l’heure où les discours nous présentent de plus en plus un retour au capitalisme national comme alternative aux dérives du « capital financier mondialisé » et ses « excès », pour mieux distiller l’idée que le problème c’est la mondialisation, et non pas le système capitalisme lui-même. Ainsi, nombre de journalistes ont vanté « l’achat français » comme solution miracle pour « soutenir l’emploi ».

Bien évidemment, cette volonté de « produire français », d’un capitalisme national, ne favorise en dernière instance que le patronat hexagonal. Pour Yves Jégo, ancien ministre de Sarkozy et actuellement député UDI de Seine-et-Marne, il faudrait ainsi créer un « Crédit impôt production », qui permettrait aux entreprises fabriquant en France de bénéficier d’un crédit d’impôt. Bruno Grandjean, président de la FIM (Fédération des industries mécaniques), déclare quant à lui qu’il est favorable au Made in France, mais « plutôt qu’un énième crédit d’impôt », il préférerait voir la suppression des « taxes sur la production ».

Lors des deuxièmes Assises nationales du produire en France organisées les 8 et 9 septembre à Reims, Alain Juppé, Bruno Le Maire, Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon, Jean-François Copé, Cécile Duflot, Arnaud Montebourg avaient tous accepté de venir débattre des perspectives des « marinières bretonnes » et autres produits « de chez nous » avec des centaines de chefs d’entreprise pour décrire leur vision et exposer leurs propositions. Le Salon du made France offre aux absents de septembre une session de rattrapage et à ceux qui étaient déjà passés à Reims l’occasion d’en remettre une louche.

Les mérites vantés d’une production « made in France » et du repli national économique sont presque toujours accompagnés d’un discours nationaliste – de gauche ou de droite – favorisant l’assise des grands monopoles français et de l’impérialisme hexagonal. Mais les grands absents restent toujours les travailleurs, dont les conditions, elles, sont constamment attaquées et dégradées, que ce soit au sein des frontières françaises ou au-delà. Le système capitaliste est mondialisé, et c’est pour cette raison qu’il faut que la riposte le soit aussi !