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Politique

Ni Macron Ni Le Pen

#SansMoiLe7mai. S’abstenir ou voter blanc ?

Ni patrie, ni patron. Ni Le Pen, ni Macron. Ni peste, ni choléra. Le 7 mai se fera sans moi. Mais pour exprimer au mieux cette aspiration, que faire maintenant ? S’abstenir ou voter blanc ?

Crédits Photos : JACQUES DEMARTHON - AFP

#Sansmoile7mai. Une expression politique pour rejeter la xénophobie et les politiques libérales

Contrairement à 2002, et à bon nombre d’élections depuis, le chantage du front républicain pour faire face au FN a du mal à passer. Le constat est limpide. Depuis l’accession de Jean-Marie Le Pen au second tour il y a maintenant 15 ans, les différents gouvernements qui se sont succédés auront, par leur politique anti-sociale d’une part et en banalisant les idées de l’extrême droite d’autre part (allant même jusqu’à appliquer des pans de programme du FN, comme la déchéance de nationalité), permis la consolidation électorale de Marine Le Pen. Dès lors, l’imposition des politiques libérales, allant de pair avec le maintien d’un état d’urgence justifiant une répression exacerbée sur le mouvement social et les quartiers populaires, pour faire barrage à la xénophobie galopante et exacerbée de l’extrême droite est légitimement perçue, à large échelle, comme un choix entre la peste et le choléra. Le #Sansmoile7mai est, en partie, l’expression politique du rejet de cette imposition qui ne permet aucunement de lutter contre le FN et ses idées mais qui en est, au contraire, que la source de leur renforcement. Mais au-delà de l’expression d’un rejet de la double injonction selon laquelle ne pas voter signifie « tu n’es pas un bon citoyen / tu n’es pas un bon démocrate », le #Sansmoile7mai manifeste l’ouverture d’une alternative face à un système dont les rouages imposent de fait une politique qui ne sert exclusivement que les intérêts des classes dominantes. Le message envoyé ne recèle pas en son sein un désintérêt, mais est au contraire la promesse d’une opposition politique et sociale frontale face à la xénophobie et les politiques libérales. En d’autres termes, il s’agit d’une expression politique de combat contre la droite et l’extrême droite.

Leur démocratie n’est pas la nôtre. Abstention générale pour préparer la suite !

Comment exprimer au mieux ce rejet du vote « du moins pire » ? Vote blanc ou abstention ? Signe du degré réel de démocratie de la société actuelle, les votes blancs ne sont pas comptabilisés dans le décompte final. Plusieurs candidats à la présidentielle promettaient, dans leur programme, de comptabiliser les votes blancs en échange d’une « obligation » de vote et la promesse qu’un vote blanc permettrait une annulation de scrutin. Une solution qui consiste avant tout à lutter contre l’abstention et qui ne propose en définitive que de « changer les têtes » et non pas les idées proposées. Mais il s’agit avant tout d’une proposition qui, loin d’être plus démocratique, coupe l’expression d’un positionnement politique. En effet, comme définit par le site vie-publique.fr, antenne de l’État, « l’abstention consiste à ne pas participer à une élection ou à des opérations de référendum. Elle traduit soit un désintérêt total pour la vie publique, soit un choix politique actif consistant à ne pas se prononcer afin de montrer son désaccord […] l’abstention semble traduire une crise de la représentation et peut poser la question de la légitimité du pouvoir politique élu avec une faible participation » tandis que le vote blanc (différencié des votes nuls) « indique une volonté de se démarquer du choix proposé par l’élection. ». En d’autres termes, « légaliser » le vote blanc pour lutter contre l’abstention (voire l’éradiquer) revient à chercher à annihiler toute possibilité, dans ce système anti-démocratique, de contester la légitimité des institutions et du système politique en place.

En ces temps d’élection, et pour que le message de refus de ce système soit le plus puissant possible à l’encontre des classes dominantes, il s’agit donc de parler leur langue pour s’opposer le plus frontalement possible à leur « démocratie ». C’est bel et bien par l’abstention massive que les travailleurs et la jeunesse pourront d’une part exposer le plus radicalement possible leur rejet de la xénophobie et des politiques libérales imposées, mais pourront également affaiblir le pouvoir à venir et préparer au mieux la suite des événements, et notamment la riposte par la rue. C’est pourquoi le #Sansmoile7mai, pour coller au mieux à son aspiration, devra être synonyme de désertion totale des isoloirs au second tour.




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