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Débats

Soirée-concert internationaliste

Santiago Lupe. « 2015 passera à l’histoire comme l’année de la banqueroute de la nouvelle gauche réformiste »

Lors de la soirée internationaliste du 5 décembre, des représentants des trois courants organisateurs de la conférence européenne dont cette soirée a été le prolongement ont pris la parole. Nous reproduisons ici, le discours de Santiago Lupe du groupe Clase contra Clase (CcC) de l’Etat Espagnol, centré sur les leçons de l’expérience avec les nouveaux réformismes de Syriza et Podemos.

Nous arrivons à la fin de 2015, cette année que la nouvelle gauche réformiste nous avait vendue comme celle où tout changerait, où les problèmes sociaux que subissent les travailleurs et les couches populaires seraient résolus. Mais la recette qu’ils nous proposaient n’avait rien de nouveau : une conquête du gouvernement par voie électorale, un programme réformiste de régénération politique et de réforme de l’union européenne du capital.

Mais finalement 2015 passera à l’histoire précisément comme l’année de la banqueroute de cette nouvelle gauche réformiste, la banqueroute de Podemos et Syriza. En Grèce le gouvernement de Tsipras a battu tous les records. En seulement cinq mois il est passé des promesses de combattre l’austérité à la gestion de l’austérité imposée par la Troïka, le gérant d’un nouveau mémorandum, celui qui applique les programmes d’attaques contre les travailleurs et le peuple grecs.

De plus, chose souvent oubliée, le gouvernement de Tsipras a également été, dès le premier jour, le gendarme raciste de l’Europe du capital, de l’Europe-forteresse et de sa frontière orientale. Les milliers de réfugiés morts sur les côtes grecque et turque sont de la responsabilité des gouvernements européens, y compris de celui de Tsipras.

Cette capitulation de Syriza a été convertie en programme par Podemos et Pablo Iglesias. Leur virage à droite semble être sans limites. Ils sont passés de la défense d’un programme réformiste à la défense d’un véritable projet de régénérescence bourgeoise du régime de 1978. Pablo Iglesias, qui a démarré comme une sorte de « pompier du social » veut maintenant devenir celui qui place les échafaudages pour empêcher que le régime ne finisse de s’écrouler.

Dans deux semaines il y aura des élections dans l’État espagnol. Et qu’est-ce que nous propose Podemos ? Que l’on continue à se résigner et à accepter les plans d’austérité. Que des revendications démocratiques qui ont été soutenues par des milliers dans les rues, telles que la fin de la monarchie et le droit à l’auto-détermination du peuple catalan soient à nouveau rangées dans un tiroir. Et sur les tambours de guerre qu’on entend en ce moment que nous dit-il ? Il nous dit « non à la guerre »… mais place comme second d’une de ses listes un général de l’OTAN responsable de l’intervention en Libye.

Pablo Iglesias et Alexis Tsipras nous disent donc en gros : « il n’y a pas d’alternative ». Mais nous on leur répond : « Vous n’êtes pas l’alternative ». Il y a de plus en plus de jeunes et de travailleurs qui commencent à faire une expérience avec ces nouveaux réformismes. Et nous, la gauche révolutionnaire, nous devons nous adresser à eux.

L’extrême gauche doit avoir du courage et dire « on peut ». « On peut » construire une gauche révolutionnaire, une gauche qui redonne à la classe ouvrière l’enthousiasme et la capacité à transformer la réalité, qui récupère une stratégie de lutte des classes et un programme pour que ce soit les capitalistes qui paient la crise. C’est la seule voie pour que les revendications démocratiques qui se sont exprimées dans la rue deviennent le moteur de processus révolutionnaires pour mettre à bas les régimes et la « démocratie pour les riches » qui règne en Europe. Une gauche qui s’oppose aux gouvernements capitalistes et lutte pour un gouvernement des travailleurs et pour les États Unis Socialistes d’Europe.




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