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Notre classe

Répression dans la santé

Sarthe. A l’hôpital psy, les patients bientôt privés de médicaments sur ordre de Bercy

A l'hôpital psy d'Allonnes, en Sarthe, les patients risquent de ne plus avoir accès à leurs médicaments d'ici quelques jours. La faute aux cheminots qui bloqueraient les transports ? Aux étudiants qui bouleverseraient l'ordre public ? Que nenni : le preneur d'otages est bien le ministère de la santé, qui cherche ainsi à casser la résistance que l'établissement affiche à l'égard des politiques néolibérales actuelles.

La psy fait de la résistance

Depuis l’été 2016, les personnels et le directeur de l’établissement public de santé psychiatrique (EPSM) de la Sarthe, situé à Allonnes, font de la résistance. Il refuse en effet de sacrifier les budgets de son hôpital sur l’autel des regroupements d’établissements de santé, autrement appelés GHT – pour Groupements Hospitaliers Territoriaux. Ce regroupement, dans lequel doivent fusionner les établissements publics de santé du département de la Sarthe, menace en effet directement les budgets alloués à l’EPSM : la psychiatrie étant traditionnellement le parent pauvre des politiques de santé publique, il y a de très fortes chances pour que l’essentiel du budget du GHT soit octroyé aux services et spécialités autres que la psychiatrie, dans un contexte où les fermetures de lits et les suppressions de postes se multiplient, causant évidemment une dégradation importante des conditions de travail des personnels et des conditions d’accueil des patients.
Le directeur de l’EPSM a ainsi refusé de signer la convention constitutive du GHT ; ce qui n’a pas empêché l’Agence Régionale de Santé d’inscrire unilatéralement l’EPSM au GHT de la Sarthe. Le directeur, sous mandat de son conseil de surveillance, mais aussi le CHSCT ainsi que la CGT, FO et Sud Santé ont depuis déposé des recours auprès du Tribunal Administratif, dont le traitement est en cours.

La réponse du ministère : priver les patients de médicaments !

Ce jeudi 12 avril, nouveau rebondissement, et pas des moindres. Le directeur de l’EPSM d’Allonnes a en effet appris que les mandats de paiement des médicaments, qui permettent le règlement des factures des fournisseurs, sont suspendus depuis le 1er janvier ! Les fournisseurs n’ont donc pas été payés depuis plus de 3 mois, et risquent d’un jour à l’autre de ne plus approvisionner l’hôpital. Selon les personnels présents sur place, les stocks permettraient alors de tenir une semaine, pas plus. L’objectif étant évidemment de contraindre le directeur à signer ou à démissionner, pour être remplacé par un directeur plus conciliant.
Pour faire plier les personnels et le directeur, le centre hospitalier de la Sarthe, sur ordre du ministère, n’hésite donc pas à menacer de priver les patients de leur traitement quotidien, et à placer le directeur dans une situation. Vous avez dit maltraitance ?
La répression, qui s’abat actuellement avec violence sur les étudiants mobilisés et les zadistes, s’exerce ici de manière indirecte, et encore donc plus vicieuse. A nous d’y faire face toutes et tous ensemble !

Une assemblée générale aura lieu mardi 17 avril, de 13h30 à 14h30 à l’IFSI de l’EPSM.




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