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4 milliards de bénéfices. 2200 suppressions d'emplois...

Scandale : FO et la CFDT s’apprêtent à valider la suppression de milliers d’emplois à PSA

C'était dans l'air depuis plusieurs jours, c'est désormais officiel. Une dépêche AFP a en effet annoncé que les syndicats FO, CFDT, CFTC et GSEA s’apprêtent à valider ce 18 janvier la suppression de milliers d’emplois chez PSA au travers des ruptures conventionnelles collectives (RCC) de Macron, intégrées à l'accord de compétitivité.

Crédits photo : SEBASTIEN BOZON / AFP

Ce 18 janvier 2018, l’information a été confirmé : le nouveau plan de suppression d’emplois chez PSA, incluant des ruptures conventionnelles collectives est en passe d’être signée ce vendredi par une série de syndicats, représentatif de 58% des voix aux dernières élections professionnelles. Concrètement, ce sont 1300 RCC et 900 départs en pré-retraite, soit un total de 2200 suppression de postes, qui sont en passe d’être validés ce vendredi 19 janvier, à l’occasion d’un comité central d’entreprise. Autant dire que le massacre de l’emploi est bien engagé.
 
Pour justifier ce coup de poignard dans le dos des travailleurs de PSA, les syndicats signataires ont grandement œuvré à publiciser et « dédramatiser » les ruptures conventionnelles collectives. Pour FO, il ne s’agit que d’une « tempête dans un verre d’eau ». Même son de cloche du côté de la CFDT, qui parle de « beaucoup de bruit pour rien ». En effet, ces syndicats s’appuient sur la promesse du groupe d’embaucher 1300 CDI et 2000 jeunes en alternance. Sauf que, selon les nouveaux textes de lois, rien n’oblige PSA à communiquer de chiffre en terme d’embauche, ni à préciser sur quel site et dans quel secteur. En d’autres termes, signer un tel accord n’est ni plus ni moins qu’un chèque en blanc donné à Tavares, le PDG du groupe, et ouvre la voie à la fermeture de sites de production qui sont en « décroissance pilotée », c’est à dire en fermeture planifiée, comme par exemple à Saint Ouen. En définitive, au niveau du secteur de la fabrication, l’effet de cette trahison, qui sera officialisée vendredi, sera irrémédiablement une hausse des embauches en contrats précaires (alors que, sur l’ensemble des usines PSA, ce sont déjà 8000 intérimaires qui sont embauchés dans ce secteur !), et ce alors que le groupe a enregistré 4,147 milliards d’euros de bénéfices entre 2014 et 2016 !
 
La signature d’un tel accord chez PSA, avec comme base la rupture conventionnelle collective, est un signal pour tous les grands groupes désireux de réaliser des plans de licenciements massifs sans motif... sauf celui de faire toujours plus de profit. En effet, il s’agit d’une brèche à exploiter pour l’ensemble du patronat, qui pourra à l’avenir s’appuyer sur le précèdent PSA pour généraliser les RCC.

Ce plan de licenciement est aussi une opération profondément politique. Tavares joue la carte du premier de cordée, en lançant un plan de licenciement « dernier cri », dans l’un des secteurs clés de l’industrie hexagonale : la métallurgie. C’est pourquoi les composantes de l’Union des industries et métiers de la métallurgie, plus grande fédération patronale du secteur, a les yeux rivés sur le plan en cours d’exécution à PSA, afin de généraliser sur l’ensemble d’un secteur déjà sinistré et soumis à une importante exploitation, des cadences infernales et une énorme souffrance au travail
 
En soi, il s’agit d’un boulevard de massacres des emplois qui s’ouvre pour le patronat. C’est bien pour cette raison que les résistances de toutes la classe ouvrière, contre les RCC et pour l’embauche en CDI de tous les précaires, est primordiale pour stopper l’offensive en cours, et qui ne peut que s’accentuer dans les semaines et mois à venir.




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