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Société

Maltraitance animale et précarité des éleveurs

Scandale sanitaire dans un élevage de porc en Bretagne

Dénoncé par l’association L214, un élevage de porc près de Quimper, à Pouldreuzic a été découvert dans un état critique. Les images révèlent un fort risque sanitaire dans cet élevage pourtant contrôlé en mai 2016 par les services sanitaires.

La vidéo faite par l’association et relayée par le Monde parle d’elle même, les animaux de cet élevage sont élevés dans des conditions inadmissibles, qui contrevient évidemment à beaucoup de mesures dans le domaine : cadavres aux milieux d’autres animaux vivants, bêtes agonisantes, queues de porcelet coupées (interdit depuis 2003), les images montrent également des ossements au milieu des animaux…

L’association a donc porté plainte devant le Tribunal de grande instance de Quimper pour maltraitance animale. La société a communiqué sur la situation : « L’exploitation en question est un élevage de 130 truies naisseur-engraisseur sur lequel l’éleveur, âgé de 29 ans, travail seul. Ce dernier s’est installé, en 2013, en pleine période de crise porcine, en rachetant un élevage à un éleveur partant à le retraite » ce cas, dit exceptionnel, est également souligné par la coopérative qui ajoute que l’éleveur, à cause de la surcharge de travail a du se « concentrer sur les soins et l’alimentation des animaux au détriment de l’entretien général des porcheries » … La fermeture de l’établissement n’est pas prévue, seulement un plan d’action pour accompagner l’éleveur, ce qui n’est qu’une mesure palliative, là où un problème sanitaire majeur nécessite plus.

L’élevage appartient à la coopérative Triskalia, la cinquième productrice en Bretagne qui compte 700 éleveurs et produit 1 700 000 porcs par an. Elle approvisionne la grande filiale française Bigard et affirme proposer des produits de qualité avec un certains nombre de labels reconnus. Mais en réalité, en France l’agriculture intensive est appliquée dans l’essentiel de la production, avec 95% des porcs qui sont élevés hors-sol, dans des bâtiments fermés, sur des structures en bétons. La France est le troisième producteur d’Europe avec 25 millions de porcs abattues par an, mais a quel prix ?

Les conditions d’élevages insalubres comme celles-ci découlent d’une productivité et d’une concurrence soutenus, dans un secteur qui de plus se remet à peine d’une crise, ce ne sont pas l’augmentation des contrôles ou les « accompagnements » des coopératives qui régleront les problèmes des agriculteurs. Face à cette situation, il faut interdire la spéculation sur les denrées alimentaire et les terres. Il faut de plus assurer aux paysans des revenu décent, redonner de la dignité à ce métier qui subit aujourd’hui la loi des grandes exploitations.




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