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Société

Un pas de plus dans l'indécence...

Scandaleux ! Le flic-violeur porte plainte contre Théo pour outrage et rébellion !

On pensait avoir touché le fond en terme d'immondice de la part des forces de répression dans l'affaire Théo, mais voila un nouveau scandale. En effet, le policier poursuivit pour viol a décidé de porter plainte... contre Théo, pour outrage et rébellion. Frédéric Apoyo

Après le rapport de l’IGPN estimant que le viol de Théo relevait de l’accident, le soutien de Marine Le Pen aux policiers, le vote d’un permis de tuer pour les forces de répression à l’Assemblée Nationale ou bien encore la déclaration de Luc Poignant, policier membre du syndicat Unité SGP Police, qui estimé que "bamboula, c’est à peu près convenable" en référence aux injures racistes prononcées par les policiers lors de l’interpellation, le summum de l’indécence semblait être atteint. Mais non, il était encore possible d’en rajouter une couche. Le policier poursuivi pour le viol a décidé de porter plainte contre Théo pour outrage et rébellion. Ou comment criminaliser la victime et dédouaner le violeur.


Pour lancer sa contre offensive judiciaire, le policier incriminé a tout d’abord déclaré n’avoir « aucune idée de la façon dont cette plaie a[vait] été faite », en référence à la déchirure de 10 cm causée par la pénétration d’une matraque dans l’anus de Théo lors de son interpellation. Une déclaration plausible d’après le rendu de la police des polices, pour qui le pantalon du jeune aulnaysien aurait glissé et la matraque, introduite par accident. C’est sur ces conclusions de l’IGPN que le flic-violeur s’appuie pour expliquer ce qui a conduit à "l’accident" : outrages et rébellion de la part de Théo. La manœuvre est si grossière que l’on pourrait en rire, s’il était possible de faire confiance à une justice de classe prompte à amnistier le bras armé de l’Etat.


L’affaire Théo n’est pas un fait divers isolé, mais s’inscrit dans une longue liste de discriminations, violences aggravées, agressions sexuelles etc. de la part de la police dans les quartiers populaires. Dans ce contexte, les politiciens bourgeois les plus réactionnaires auront été prompts à réagir, d’Eric Ciotti proposant d’interdire toute manifestation contre les violences policières à François Fillon, qui a annoncé un programme complet pour réprimer la colère déclenchée par l’affaire Théo. Dans ce tourbillon réactionnaires, la révolte dans les banlieues est salutaire, comme les nombreuses manifestations de soutien partout en France ces derniers jours. En ce sens, il semble crucial que la journée de samedi, avec de nouvelles manifestations, soit une réussite.




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