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Notre classe

Le Snesup et les profs de facs appellent à une Coordination Nationale de l’Education

Sélection à l’Université : qu’attendent les syndicats des profs des lycées pour se mobiliser ?

Alors que la réforme de l'accès à l'université a été votée la semaine dernière à l'Assemblée Nationale, des premiers signes de contestations commencent à voir le jour à partir des UFR de Sciences humaines et de certains enseignants d’Université comme du Snesup – syndicat majoritaire des enseignants du supérieur. Ces derniers appellent également les lycéens et les enseignants du secondaire, que la réforme voudrait transformer en « orientateurs » et « censeurs » de l'avenir des élèves, à se lancer contre la sélection à l’université. C'est dans cette claire perspective que doit se positionner le SNES, syndicat majoritaire chez les enseignants du second degré qui doit commencer par appeler à la grève contre cette sélection.

Photo : le paih gwen, SNES-FSU et FSU Bretagne interrogé par le journal de France 3 devant l’université de Rennes lors d’une mobilisation contre la sélection à l’université le 12 décembre @SNES_Bretagne

Le gouvernement opère un changement total de paradigme avec cette réforme. Les conditions d’accès à l’université qu’est en train de faire passer le gouvernement Macron est un recul sans précédent sur le droit d’accès à l’enseignement supérieur public pour l’ensemble des bacheliers. Désormais, ce ne seront plus les bachelierEs qui choisiront leur université mais les universités qui choisiront leurs étudiantEs. Il est évident que la sélection renforcera l’école de classe.

La réforme compte faire reposer une partie du travail de sélection sur les enseignant-e-s du secondaire. Les mêmes qui étaient accusé-e-s par le gouvernement de ne pas suffisamment accompagner leurs élèves dans leurs vœux APB vont être chargé-e-s d’émettre un avis sur chaque vœu des élèves de terminale. Cela revient à faire effectuer un travail de tri et risque de transformer les conseils de classe qui doivent déjà donner l’avis pour le jury de bac en conseils d’orientations à rallonge. De plus, comment croire que les enseignant-e-s pourront connaître les 12 000 formations existantes ? Il est hors de question d’accepter tant cette nouvelle surcharge de travail gratuit que le rôle qui serait ainsi attribué aux professeur-e-s.
Pour faire passer la pilule, le gouvernement met en place un deuxième professeur principal chargé de préparer l’orientation des élèves. Si ces annonces peuvent paraître donner des moyens à l’Education Nationale, on peine à croire un gouvernement qui veut avant tout supprimer des postes de fonctionnaires, qui cherche à détruire les ZEP, et qui supprime des CIO (centre d’information et d’orientation), ne donne déjà pas assez de moyens pour embaucher et payer les conseillers d’orientations dans les lycées.

En novembre dernier, le Snesup-FSU, syndicat majoritaire d’enseignants du supérieur alertait sur « le projet flou et conservateur » du « plan Etudiant » tandis que, sur Paris, le 22 novembre, une dizaine de lycées ont répondu à l’appel de bloquer et manifester en opposition au plan Vidal. Le 12 décembre, le syndicat rappelait dans un communiqué son opposition à la sélection à l’université, son hostilité à « l’instauration des « attendus » et au plan Vidal en « contradiction avec le code de l’éducation ».
Le Snesup rappelait alors la "volonté des organisations de construire dans la durée la mobilisation nécessaire pour exiger le retrait des projets gouvernementaux ». Localement, et conjointement à l’intersyndicale, la fédération appelle à l’organisation d’assemblées générales et à la mobilisation des personnels des universités et des enseignants du secondaire, comme des lycéens.

Le 20 décembre, la loi étant passée, la section de la FSU persiste et signe en appelant à la constitution d’une Coordination Nationale de l’Education

Des paroles et des actes ?

Alors que la résistante commence à s’organiser chez les universitaires, le Snes dans le second degrés n’est encore qu’au stade de la dénonciation du passage en force de la loi en regrettant le manque de dialogue social de ce gouvernement tout en s’inquiétant des inégalités renforcées par la sélection.

La communication du Snes qui affirme son opposition à la sélection mais aussi à la réforme du bac qui casse le cadre national et autonomise les établissements va dans le bon sens mais il n’est pas suffisant de dénoncer les réformes de ce gouvernement contre l’éducation. Encore faut-il organiser une riposte à la hauteur des enjeux. Or la riposte ne s’organise pas dans les salons de Matignon.

Face au renforcement de cette école de classe, lycéens, étudiants, enseignants du secondaire et du supérieur et parents d’élèves devons nous mobiliser massivement pour refuser cette réforme et réaffirmer le rôle émancipateur de l’éducation. Les enseignants n’acceptent pas de devenir les courroies de transmission de l’autocensure que le gouvernement souhaite imposer aux jeunes. Au contraire, l’urgence est de garantir effectivement l’égalité du droit à l’éducation et aux études supérieures et d’assurer les conditions d’une véritable formation émancipatrice. Ce qu’il faut pour assurer la réussite de nos élèves à l’université, ce sont des places et des moyens qui lui soient allouées ainsi que des conseillers d’orientation dans les lycées pour faire en sorte que les formations choisies soient le plus en phase avec le projet professionnel et les intérêts des élèves.

S’opposer à la réforme mais aussi imposer ces revendications, exige de la part du syndicat majoritaire mais aussi de l’intersyndicale du second degré un appel clair à la grève dans le secondaire qui se joigne à l’action des universitaires, des étudiants et lycéens. Pour construire un mouvement coordonné contre les plans de ce gouvernement, s’organiser dans les Assemblées générales et décider ensemble des suites est nécessaire. Mener ce combat contre Macron est son monde est nécessaire et il est également possible de le gagner.




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