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Jeunesse

Face aux attaques du gouvernement

Sélection à la fac : les organisations de jeunesse unissent leurs force contre le projet de Macron

Depuis quelques jours, le gouvernement a présenté son « plan étudiant », une série de mesures qui vont notamment instaurer une sélection à l’université et éjecter des études secondaires les étudiants les plus en difficulté, tout en cherchant à tout prix à éviter qu’un mouvement surgisse dans la jeunesse. Face à cette nouvelle offensive du gouvernement envers les lycéens et les étudiants, les universités préparent la riposte qui pourrait débuter dans la rue dès le 16 novembre. Crédit photo : © Plainpicture/Kniel Synnatzschke

Le gouvernement Macron entame donc un projet de réforme visant à remettre en cause toute une partie des acquis sociaux des étudiants pour adapter l’université au désirât du patronat. La première mesure phare consiste en la mise en place d’une sélection non-officielle en licence qui se prépare dès le lycée par l’instauration de « fiches avenir », et par la mise en place dans chacune des filières de « prérequis », supprimant ainsi l’accès à l’enseignement supérieur par l’obtention du baccalauréat. De plus, on assiste à un approfondissement de la privatisation de l’université via leslicences modulableset à une accélération du processus de « facs poubelles et facs d’élite ».
 
Et le contenu de la réforme tout comme le calendrier du gouvernement ont été minutieusement pensés car ce dernier est plus que conscient du caractère incontrôlable des mouvements étudiants et lycéens. La communication qu’a mis en place Macron pour son « plan étudiant » est très calculée : une forte dénonciation du caractère « injuste » du tirage au sort (système actuel pour sélectionner les étudiants dans les licences sous-tension), la promesse de 60 000 logements étudiants supplémentaires, la suppression du régime de sécurité sociale étudiante qui vise à préparer l’entrée des mutuelles privées sur ce nouveau « marché ». Pour préparer les attaques à venir, le gouvernement est déjà de train de construire ses relais dans le mouvement étudiant, le tout accompagné d’une implantation de militants LREM dans les universités pour mettre sous contrôle la jeunesse. En effet, il a conscience qu’il est essentiel de « mettre sous contrôle social » la jeunesse en instaurant un contrôle qui passe notamment par les fameuses « fiches avenir » qui accentuent par exemple le rôle de chaque professeur et du CPE en ce qui concerne l’orientation des lycéens, ainsi qu’en mettant en place un service militaire obligatoire afin de canaliser et d’acquérir un plus grand contrôle sur la jeunesse.
 
Plusieurs gouvernements ont déjà tenté par le passé d’imposer la sélection dans l’enseignement supérieur et ont été mis face à la réponse des mouvements de masse, à l’image de la loi Devaquet qui avait vu reculer le gouvernement Chirac. La peur du gouvernement est celle d’un mouvement étudiant puissant, qui a prouvé dans de nombreuses luttes passées qu’il pouvait être l’étincelle provoquant une jonction avec le mouvement ouvrier et pouvant faire reculer un projet de loi.
 
Mais face à ces attaques d’ampleur , les universités pourraient être en mesure de commencer à préparer le combat qui commencera dans la rue dès le 16 novembre, date appelée par l’intersyndicale réunissant la CGT, FO, l’UNEF, Solidaires, l’UNL et la FIDL. Déjà, les organisations de jeunesses s’étaient rencontrées la semaine dernière afin d’appeler à des cortèges unitaires de la jeunesse dans toutes les manifestations du 16 novembre : « pas de sélection à la fac, pour une université ouverte à tous ! ».
Sur les universités, les étudiants mobilisés contre le « plan étudiant » et contre le projet global de Macron de destruction des acquis sociaux, reprennent les réflexes qui ont été ceux de la loi travail, à l’image de l’université Paris 1, Paris 8 ou Nanterre qui ont toutes trois réunit des intersyndicales locales.
 
A l’université Paris 1, le NPA, Solidaires Etudiants, l’UNEF et la LFI se sont mis collectivement d’accord pour préparer activement la date du 16 novembre en organisant notamment une réunion publique destinée à informer les étudiants du contenu du projet de loi « plan étudiants ». De même, un comité de mobilisation s’est réactivé à l’université Paris 8 et une inter-orga a acté son refus du plan étudiant du gouvernement, ainsi que l’organisation d’une assemblée générale à la veille de la manifestation du 16 novembre pour préparer au mieux un cortège étudiant unitaire, au côté des autres universités et des travailleurs du public et du privé. Arthur, étudiant à Paris 1 et militant au NPA, donne sa vision : « l’objectif maintenant est d’organiser une solidarité entre les organisations militantes de jeunesse et les organisations de salariés car ce n’est qu’en construisant en collaboration avec les professeurs et les personnels administratifs un front commun que nous pourrons gagner. Durant tous les mouvements, la question des absences est par exemple une motif important pour les étudiants de ne pas manifester. Face à une réforme qui va totalement modifier l’université française, il faut que les professeurs permettent au étudiants de se mobiliser ». Un embryon de lien avec les personnels de l’université avait émergé le 10 octobre, lors de la manifestation de la fonction publique, par l’organisation d’assemblées générales rassemblant étudiants, personnels administratifs et professeurs, et d’un cortège universitaire.
 
En effet, il est essentiel de comprendre que le projet de faire une université de demain basée sur la concurrence et la sélection systématique, ainsi que la baisse, cette année, de 331 millions d’euros du budget de l’enseignement supérieur est corrélé avec les attaques sur le monde du travail et fait partie du même plan, celui de la loi travail XXL, ajustée aux besoins du patronat. C’est par l’organisation, à la fois sur les lycées et sur les universités, d’assemblées générales massives avec les personnels administratifs et les professeurs que l’on doit avancer, pour construire à partir du 16 novembre une réponse massive aux côtés des travailleurs au projet d’avenir que veut nous imposer Macron.




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