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Jeunesse

Education à conditions

Sélection à la fac : quels seront les « prérequis » que les facs pourront demander aux lycéens ?

La présentation du « plan étudiant » est loin de faire l’unanimité, comme le démontrent les manifestations lycéennes de la semaine dernière et la dénonciation de la SNESUP. Lors de la présentation du projet de loi en conseil des ministres, on va comprendre un peu plus les pré-requis ou les attendus demandés par la ministre Vidal pour intégrer l'université. Pour faire passer la pilule, un processus « plus humanisant » que l'algorithme APB va le remplacer, sous le nom un peu barbare de Parcoursup'. Crédit photo : © Plainpicture/Kniel Synnatzschke

Lycéen.e, à quelle sauce vas-tu être mangé.e après la réforme ?

Tu le sais maintenant, on va remplacer le système APB, celui avec un algorithme où tu devais rentrer un à un, en hiérarchisant, tes choix de formations que ce soit en BTS, ou bien à l’université. On attendait longtemps avant d’avoir les confirmations d’acceptations ou de refus dans telle ou telle fac. Avec le « Parcoursup’ », le nouveau système, tu rentreras tes choix (10 choix contre 25 sous APB) non hiérarchisé et ce seront tes professeurs, ceux que tu as eu au lycée qui pourront avoir un droit de regard et d’action sur ton avenir.

Mais quels sont-ils, ces pré-requis ?

Les pré-requis, c’est tout ce qu’un établissement du supérieur pourra te demander comme condition pour que tu rentres dans sa filière. Ces pré-requis seront un moyen pour accepter ou refuser les étudiants. Est ce que tu as pu faire des activités extra-scolaires ? Est ce que tu as pu rentrer dans le type de Bac de ton choix ? Est ce que tu es bien perçu de tes professeurs ? As-tu le « niveau » suffisant (c’est à dire 14/20 de moyenne par exemple) dans la matière principale de la filière que tu demandes ? Autant de prérequis qui pourront être synonyme de refus de la part des universités. Dans certaines filières, comme PACES, il faudra que tu valides un MOOC, un cours en ligne, qui sera synonyme de travail en plus, et donc d’aggravement des inégalités.

Pour rajouter au tableau déjà peu reluisant, les pré-requis seront décidés par l’établissement d’enseignement supérieur (lycées pour les BTS, IUT, universités) sans obligation d’homogénéité national, creusant encore plus le fossé entre les élèves des « bons lycées » et ceux des lycées professionnels ou des lycées des quartiers populaires. En plus tu ne pourras plus choisir ta fac, mais seulement ta filière (Histoire, Mathématiques, Gestion...) et tu pourras ainsi être envoyé à l’autre bout du pays en fonction des places dans les universités.

Quand Jean Michel Blanquer disait, dans un entretien donné à France Culture le 27 juillet, c’est par « plus de liberté qu’on peut aller vers plus d’égalité  », ce qu’il entend c’est augmenter la dimension arbitraire de la sélection à l’entrée de la L1. Ce faisant, creuser d’avantage le fossé social avec les étudiant.es qui ne pourront pas se payer des activités extra-scolaires et ceux qui le pourront, qui auront besoin de bosser pour poursuivre des études. Ce projet plus « égalitaire », entrainerait dans les faits une concurrence plus grande, un approfondissement des inégalités, l’exclusion de l’université des jeunes issus des milieux précarisés et populaires, et de soumettre la jeunesse au marché du travail de plus en plus tôt (avec des industriels dans les conseils de la fac). C’est contre cette vision de l’université que nous devons nous battre ainsi que contre les attaques plus globales de macron sur les différents secteurs.




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