^

Politique

Selon le "Canard Enchainé"

Hollande ressuscite les RG entre les deux tours

Le 6 mai, François Hollande a signé plusieurs décrets qui élaborent un nouveau service de renseignement de police, chargé d’enquêter grâce à un logiciel de fichage ultra-performant, sur près de 250 000 personnes.

Durant l’entre-deux-tours, François Hollande a servi au président élu une nouvelle mesure sécuritaire sur un plateau d’argent. Le Canard Enchainé a en effet révélé que le futur ex-président a signé plusieurs décrets autorisant la création d’un nouveau service de police : le Service national des enquêtes administratives de sécurité (Sneas). Ce dernier aura pour mission de « contribuer à la prévention du terrorisme, des atteintes à la sécurité, à l’ordre public et à la sûreté de l’Etat en diligentant des enquêtes administratives pour le compte du ministère de l’Intérieur. »

Doté de 24 membres logés dans les locaux de la préfecture des Hauts-de-Seine, ce service sera en réalité un nouvel outil de contrôle, doté d’un logiciel de cryptage apte à décortiquer tous les fichiers de police. Ainsi, les données telles que les antécédents judiciaires d’un individu, les signalements pour la prévention, les personnes recherchées, la base de données de la Direction générale de la sécurité intérieure, et bien d’autres, seront contrôlées par le logiciel pour chaque individu ciblé.

Mais qui sera concerné par cette nouvelle mesure ? Lors de l’annonce de ce nouveau service, en janvier dernier, Louis Gautier, secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale avait indiqué que « potentiellement, de 200 000 à 250 000 personnes en lien direct avec la sécurité des usagers pourraient faire l’objet d’une enquête administrative destinée à vérifier que leur comportement n’est pas incompatible avec l’exercice de leurs fonctions ou des missions envisagées. » Dans les aéroports parisiens, la préfecture n’avait d’ailleurs pas attendu ces décrets pour procéder à la vérification des 86 000 employés de Roissy fin 2015. Et le domaine du Sneas ne se limitera pas aux personnes travaillant dans les transports car Hollande a également autorisé le service à s’intéresser à toutes les personnes qui travaillent ou participent à l’organisation des grands évènements, manifestations publiques ou privées, susceptibles d’attirer un terroriste, y compris les journalistes accrédités.

Le journal satirique a également révélé que l’outil de cryptage avait déjà servi, en secret, durant l’Euro 2016, et avait passé au peigne fin 12 500 agents de la sécurité, ainsi que 4 000 journalistes accrédités pour l’évènement. La signature de ces décrets par le gouvernement Hollande n’est en réalité que la cerise sur le gâteau de la politique sécuritaire qu’a mené le PS durant le quinquennat. Etat d’urgence, fichage de masse, renforcement des moyens policiers et en janvier dernier, loi sur la sécurité publique assouplissant les conditions d’usage des armes par les militaires, gendarmes et policiers, tout en prévoyant qu’un employeur pourrait licencier tout salarié travaillant « en lien direct avec la sécurité des personnes et des biens au sein d’une entreprise de transports », si « son comportement est incompatible avec l’exercice de ses fonctions  ». Autant de mesures passées sous les socialistes et qui favoriseront l’aggravation des politiques sécuritaires et l’ultra-surveillance version Big Brother, en France et ailleurs.

Crédits photo : Thomas Coex / AFP




Mots-clés

Surveillance   /    François Hollande   /    Politique