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Shutdown : quand le mur anti-migrant paralyse les Etats-Unis

Le mur anti-migrant voulu par Trump provoque un blocage institutionnel sur le vote du budget au Congrès américain. Le pays court le risque d'un shutdown qui priverait de financement les principales administrations

La tension autour de la question migratoire est en train d’atteindre des sommets aux Etats-Unis. Pour la troisième fois en 2018, après un blocage de trois jour en janvier et de quelques heures en février dernier, cette question plonge le pays dans un shutdown, littéralement un arrêt des financements des ministères importants comme ceux de la Sécurité intérieure, de la Justice, du Commerce, des Transports, du Trésor ou de l’Intérieur. Concrètement, depuis samedi dernier, faute d’un accord sur le budget, quelques 800 000 fonctionnaires d’Etat sont en congés sans solde ou forcés de travailler gratuitement en pleine période de fêtes. Cette situation, si elle perdure, pourrait se poursuivre jusqu’au 3 janvier, date à laquelle le nouveau Congrès avec une majorité démocrate à la Chambre des représentants devrait se réunir.

Au centre de cette situation tendue pour Trump, le financement du mur anti-migrants entre les Etats-Unis et le Mexique dont il a promis la construction lors de sa campagne en 2016. En tout et pour tout, le nouveau budget devrait allouer 5,6 milliards de dollars à la construction de ce mur destiné à assurer « la sécurité aux frontières dont nous avons absolument besoin (gangs, drogues, trafic d’êtres humains et plus) », d’après un tweet dans lequel Trump accuse les démocrates de ralentir les négociations.

Ces derniers refusent d’allouer une telle somme à la construction du mur et préfèrent allouer 1,3 milliard de dollars pour améliorer la sécurité aux frontières. Trump a fustigé cette proposition en soutenant qu’en matière d’immigration, « ce qui marche c’est un bon vieux mur ». La situation s’avère ainsi bloquée puisqu’actuellement les républicains ne disposent que de 51 sièges sur 100 au Sénat alors qu’il en faut 60 pour faire voter une loi budgétaire.

Alors que le retrait des troupes américaines en Syrie a déjà affaibli Trump, forcé d’accepter la démission du ministre de la défense James Mattis et de l’émissaire pour la coalition internationale antijihadistes Brett McGurk, ce dernier s’en est pris aux démocrates pour leur faire porter la responsabilité du shutdown. Dans cette course contre la montre, Trump s’est déjà mis à dos l’AFGE, principal syndicat de fonctionnaires, qui dénonce un blocage « honteux, inacceptable et un gaspillage tout à fait évitable des dollars des contribuables » tandis que Chuck Schumer, chef des sénateurs démocrates, incite Trump à « abandonne[r] le mur, purement et simplement  ».

Le bras de fer qui se noue entre Trump et les démocrates, en cette période de fête, de Mid-terms et de tension géopolitiques, risque de faire durer le shutdown assez longtemps tant l’abandon de la construction du mur serait pour le président américain un désaveu de sa politique anti-migratoire.




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