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Politique

Débrief

Poutou : "Si j’étais à ce débat, c’était aussi pour exprimer ce que des millions d’entre nous pensent"

Nous relayons ci dessous le post de Philippe Poutou sur facebook, à propos du Grand Débat de la présidentielle de mardi soir.

Un petit mot à propos du débat d’hier soir, et aussi de la campagne qui continue.
On a reçu des milliers de messages de soutien et d’encouragements, et franchement ça fait plaisir.
Visiblement ce que j’ai dit à Le Pen et à Fillon a parlé et plu à beaucoup de gens, parce qu’on devait être des millions dans ce pays à avoir envie de leur dire en face.
Dire à Fillon qu’avec ses casseroles, il ne devrait même pas être là mais plutôt chez le juge. Et surtout qu’il ferait mieux d’arrêter de nous demander de nous serrer la ceinture, lui avec ses costards qui valent 5 Smics et qu’il ne paye même pas.
Dire à Le Pen, qui se la joue anti-système, que le système finalement elle l’aime bien quand il lui permet de se servir pour donner de l’argent à ses copains, ou d’avoir une "immunité" et de ne pas aller chez les flics.
Et aussi dire à Macron, qui raconte qu’il n’aime pas le mot "pénibilité" à propos du travail, que s’il bossait dans les mêmes conditions que nous, il arrêterait peut-être de raconter n’importe quoi et d’insulter tous ceux et toutes celles qui triment tous les jours.
Si j’étais à ce débat, c’était aussi pour exprimer ce que des millions d’entre nous pensent : que les salaires doivent être augmentés, qu’il faut partager le temps de travail, qu’il faut développer les services publics parce qu’on a besoin de plus de monde dans les hôpitaux, des écoles, les bureaux de Poste, les CAF, à Pôle Emploi, qu’il y en a marre de l’état d’urgence et des violences policières, etc.
C’est ce que j’ai essayé de faire passer, même si ce n’était pas évident vu les conditions du "débat". Et faire passer aussi cette idée qu’il faut qu’on arrête de baisser la tête et de confier notre sort à ces politiciens qui ne connaissent rien et ne comprennent rien à nos vies et à nos besoins, et qu’il faut qu’on fasse de la politique nous-mêmes pour prendre nos affaires en main.
On va essayer de continuer de défendre tout ça. Et même si on sait bien que ce ne sont pas les élections qui changent la vie, on pense que le dimanche 23 avril, plus il y aura de gens qui diront qu’ils préfèrent voter pour l’un d’entre eux, un salarié, qui défend des propositions radicales et qui refuse ce système, plus ça donnera confiance à toutes celles et tous ceux qui en ont ras-le-bol de payer la crise du capitalisme.
Alors on continue, on lâche rien, et on compte sur vous pour que le buzz autour du débat d’hier ne soit pas seulement un buzz. Pour leur dire qu’on est là et qu’on en a ras-le-bol qu’ils nous prennent de haut. Pour leur dire qu’on est décidés à se faire entendre et qu’on le fera par tous les moyens, même par cette élection à laquelle ils ne voulaient pas, avec leurs réformes anti-démocratiques, que les petites organisations participent. Et pour leur dire qu’après l’élection, ça ne va pas s’arrêter.




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