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« Jobs Act » -Loi El Khomri, même combat !

SiCobas Rome. Réunion publique avec RévolutionPermanente.fr autour de la Loi Travail

Publié le 26 avril 2016

En Italie, c’est un gouvernement de centre-gauche qui a fait adopter, entre fin 2014 et début 2015, l’équivalent local de la Loi Travail. Raison de plus, pour le Syndicat Intercatégoriel-Travailleurs Auto-Organisés Comité de Base (SiCobas), très impliqué sur le front des luttes dans le secteur de la logistique, l’un des fers-de-lance de la contestation sociale en Italie, ces dernières années, de discuter de la mobilisation actuelle, en France, et d’échanger sur les différentes expériences en cours de part et d’autre des Alpes.

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C’est sur initiative de la Coordination Provinciale du SiCobas de Rome qu’a été organisée une réunion publique, dimanche 24 avril, autour de la question du mouvement de lutte contre la Loi El Khomri, en France, à laquelle a été invitée RévolutionPermanente.fr. Une cinquantaine de camarades, pour la plupart travailleurs de la logistique (magasiniers et livreurs) de plusieurs hubs de la grande banlieue de la capitale italienne (TnT et BRT), délégués syndicaux SiCobas et militant-e-s du Réseau de Soutien aux Luttes de la Logistique, ont participé à la réunion.

Après une présentation de la situation, en France, à la veille de la grève interprofessionnelle du 28 avril, le débat a porté sur plusieurs points : à la fois vis-à-vis du mouvement en tant que tel, mais aussi sur l’orientation de l’Intersyndicale et de ses positions, là où la CGIL, la CGT italienne, n’a pas su (ni voulu) engager une réelle confrontation avec le gouvernement de Matteo Renzi, grand ami de François Hollande, lorsque le « Jobs Act » a été présenté au Parlement. Ont été abordé également les perspectives de convergence entre Nuit Debout, le mouvement étudiant et le monde du travail autour de la question de la grève reconductible.

Malgré les promesses et les fanfaronnades de Renzi au sujet de la lutte contre le chômage et la précarité, le « Jobs Act » n’a conduit qu’à une aggravation des conditions de travail, donnant les coudées franches à la Confindustria, le Medef italien, pour poursuivre son offensive sur le terrain de la remise en cause des conventions collectives. « C’est pour cela que la question de la lutte contre la Loi Travail en France est également importante, pour nous, en Italie », a souligné l’un des coordinateurs provinciaux du SiCobas romain.

La montée soudaine de la contestation contre le projet de loi, en France, a renforcé la conviction des militants présents dans la perspective de continuer à se battre, en Italie au lendemain de la première grève unitaire du secteur de la métallurgie du 20 avril autour de la question des Conventions Collectives. Continuer à se battre, plus encore dans le cadre de la poursuite des luttes très dures dans le secteur de la logistique, à la pointe desquelles se trouvent des milliers de travailleurs immigrés, ultra-précarisés. Une occasion, également, de souligner que « les attaques des bourgeoisies européennes sont semblables, si ce n’est coordonnées, et que plus que jamais la question d’un front de classe, par-delà les frontières, serait à construire, car nous avons tous et toutes le même ennemi », a conclu un camarade.