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Politique

Portrait

Simon, candidat NPA aux législatives : « Aujourd’hui plus que jamais, la question de l’organisation, de l’unité et de la riposte est à l’ordre du jour »

Le portrait de Simon, candidat NPA aux élections législatives dans la première circonscription du 93, suppléant d'Elise Lecoq.

Francilien de naissance, c’est en entrant à l’université en 2009 à Lyon que Simon commence à militer dans des organisations de jeunesse. « C’est en étant à la fois étudiant et travailleur que j’ai eu le déclic. En fait, c’est le cas de l’immense majorité de la jeunesse : soit t’as la chance de pouvoir faire des études, mais la vie est tellement chère que t’es obligé de trouver des jobs le plus souvent mal-payés, pénibles et précaires ; soit t’es directement aspiré par un monde du travail non moins précaire et qui devient de plus en plus violent. Dans tous les cas, il y a un chantage permanent :’’si t’es pas content, il y en a 100 qui voudront bien ta place.’’ » Son premier grand mouvement de lutte, c’est celui contre la réforme des retraites de Sarkozy en 2010. « C’est en participant à ce mouvement social que j’ai vraiment pris conscience de la force du mouvement ouvrier, de la mobilisation de millions de salariés et de l’unité entre les organisations étudiantes et celles des travailleurs. » Puis, il y a eu les grèves étudiantes contre l’autonomie des universités et la politique de privatisation et de mise en place de la sélection dans l’enseignement supérieur, et plus récemment, le mouvement contre la « loi Travail ».

Faire front pour résister et pour gagner

Après sa licence, Simon enchaîne plusieurs petits boulots avant de devenir moniteur-éducateur, métier qu’il exerce durant deux ans. Aujourd’hui habitant d’Aubervilliers, il travaille dans un collège et étudie à l’université de Saint-Denis Paris 8. « Le bilan du quinquennat Hollande est terrible, les attaques ont été dures, même si les mobilisations contre la loi Travail ou contre les violences policières ont montré que l’on pouvait riposter en s’organisant et qu’il était possible de faire reculer et de défaire le gouvernement. » La précarisation de l’emploi et le chômage de masse, le démantèlement du code du travail et des services publics, le renforcement de la répression et des violences policières dans les quartiers populaires, les lois islamophobes et les mesures anti-immigration, l’état d’urgence permanent... « Et là, on a un Macron déterminé à aller encore plus loin ! »

« Si j’ai rejoint le NPA, c’est pour construire une organisation qui puisse être une arme pour nos luttes. Les classes dominantes ont bien leurs partis politiques, leurs organisations, leurs institutions, pour réussir à garder le pouvoir alors que c’est une toute petite minorité de personnes. On doit avoir les nôtres pour résister, et plus que ça, pour en finir et renverser ce système. Avec les attaques tout-azimut qu’on subit, les luttes sont nombreuses. Pourtant, c’est en marchant ensemble qu’on pourra inverser le rapport de force. Pour moi, militer c’est se défendre et faire front commun, sur les piquets de grèves, avec les quartiers populaires, avec les migrants et les sans-papiers, c’est essayer de construire collectivement des perspectives communes de lutte. »

L’antiracisme et la solidarité avec le peuple palestinien

Dans son entourage et sa famille, certains sujets se sont imposés très tôt. « De par mes origines, j’entendais souvent parler d’immigration, de racisme, de discrimination. Même si t’en as pas conscience, tu intériorises le fait de n’être pas tout à fait « normal », que t’es pas dans la norme de là où tu vis et que c’est normal de ne pas être traité de la même manière. Après, quand je me suis politisé, j’ai compris que derrière ces ressentis, c’est l’expérience d’un racisme structurel, de politiques impérialistes, du passif colonial, d’oppressions spécifiques par rapport à tes origines, ta couleur de peau ou ta religion. C’est les discriminations à l’embauche ou au logement, c’est les violences policières, le meurtre d’Adama, le viol de Théo. Aujourd’hui, l’antiracisme doit être politique et s’appuyer sur l’auto-organisation des personnes concernées, indispensable pour construire un front unique avec les autres secteurs. »

Il y avait aussi le conflit israélo-palestinien, « qui a toujours pris de la place dans la famille. » En 2012 et en 2014, Simon participe aux manifestations contre les agressions militaires israéliennes sur la bande de Gaza. Avec l’UJFP (Union des juifs français pour la paix) et la campagne BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions), il milite aujourd’hui activement contre la colonisation de la Palestine et pour l’auto-détermination du peuple palestinien. « La solidarité est importante, que ce soit entre ici et des milliers de kilomètres ou entre les différents secteurs d’une même ville. Elle donne de la force et ouvre des perspectives. »

Prendre nos affaires en main #Immunitéouvrière

« Au début, j’avais des doutes sur l’utilité de participer à des élections pour nos luttes. Mais quand je vois comment la campagne Poutou nous a permis de discuter et de tisser des liens avec des centaines d’étudiants, de lycéens, de travailleurs, en posant les questions de lutte de classes, de violences policières, de stratégies pour la suite, c’était en fait une campagne très juste. » Face à la candidature d’un ouvrier « qui n’est pas là pour fermer sa gueule », c’est toute la caste politicienne qui était dévoilée : « Le débat du 4 avril à fait plaisir à tout le monde, car l’immunité ouvrière, c’est nos vie à toutes et tous. »

« Si je me présente comme suppléant d’Elise Lecoq aux élections législatives, c’est parce que aujourd’hui plus que jamais, la question de l’organisation, de l’unité et de la riposte est à l’ordre du jour. Ce qui a été fait avec la campagne Poutou, on veut profiter des échéances électorales législatives pour le continuer, comme on fait hors période électorale. Cette année, on est allé soutenir les cheminots du Bourget sur les piquets de grèves, les salariés de la FNAC des Champs Elysée, de MC Syncro dans le 78, plus récemment de GM&S dans la Creuse. On s’est mobilisé avec les familles de victimes de violences policières et les collectifs de quartiers. Si les élections ne changeront rien par elle même, des élus anticapitalistes et révolutionnaires sont des appuis pour les mobilisations. Ils ne les remplacent pas, mais peuvent être une tribune, et contribuer à la fragilisation du système politique. C’est le sens que l’on veut donner à notre candidature. »




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