Société

Et c’est pour cela qu’ils ont tué Rémi Fraisse ?

Sivens. Pour la justice, le barrage n’est pas « d’utilité publique »

Publié le 6 juillet 2016

Le premier juillet, le tribunal administratif de Toulouse a annulé la déclaration d’utilité publique du barrage de Sivens. Les zadistes et les opposants avaient donc raison... mais, entre-temps, l’Etat a assassiné Rémi Fraisse.

Fréderic Apoyo

Jugement sans recours. Le barrage de Sivens inutile

Ce vendredi 1er juillet, les juges du tribunal administratif de Toulouse ont jugé que « les atteintes graves portées à la zone humide de la vallée du Tescou, le surdimensionnement du projet et son coût élevés », loin d’être des élucubrations de zadistes écervelés, étaient autant de faits réels menant à l’annulation de la « déclaration d’utilité publique » du barrage de Sivens, dans le Tarn et Garonne. Contrairement à la propagande de Thierry Carcenac, président PS du Conseil Général du Tarn, les promoteurs de ce grand projet et la presse bourgeoise qui ont diabolisé, ces dernières années, les opposants et les zadistes, c’est bien eux qui avaient raison. Et devant l’énormité du mensonge, même la justice bourgeoise n’a pu rendre un autre verdict.
On se rappelle encore des provocations de Valls et Cazeneuve, du matraquage et gazage à Toulouse des opposants au projet Sivens. Aujourd’hui, la fin du chemin amène à un constat implacable : il n’y aura pas de barrage à Sivens, tout au plus une retenue sera construite ailleurs. Mais le mal est fait. La zone, sur laquelle on repérait, auparavant, jusqu’à 98 espèces protégées, est détruite. Des opposants ont été emprisonnés et mutilés par la police, à Sivens comme à Toulouse et Rémi Fraisse a perdu la vie ... Tout ça pour ça ?

Chassez le naturel, il revient au galop ... Les criminels peuvent dormir tranquille !

En plus d’avoir ouvertement manipulé l’opinion publique pour stigmatiser le mouvement d’alors, Carcenac et sa clique ont vu l’ensemble des arrêtés préfectoraux de l’époque être annulés. Une déroute sur toute la ligne et une « incompétence » qui, en plus d’être conséquence d’une avidité prédatrice, a eu des conséquences dramatiques tant le sur le plan environnemental qu’humain. Il serait pour le moins logique de s’attendre à une sentence exemplaire pour ceux qui ne sont rien d’autre que des criminels. Rien !
En effet, l’Etat a été condamné à une ridicule amende de 3500 euros ! Voici donc la valeur que la justice bourgeoise accorde à l’écosystème et à une vie humaine ... Si le tribunal administratif n’a pas pu, devant l’avalanche de faits, joué son rôle jusqu’au bout en validant le projet, le naturel est revenu au galop. Carcenac peut dormir sur ces deux oreilles, tout comme les promoteurs et le gouvernement. Valls connaît désormais, dans le pire des cas, le prix à payer pour rejouer le scénario de Sivens à Notre-Dame-des-Landes. Dire que cela est loin d’être dissuasif est un euphémisme. C’est bel et bien la poursuite de la mobilisation, son élargissement et l’auto-défense collective qui reste la seule voie pour les opposants aux grands projets inutiles. Pour qu’il n’y ait plus jamais de Sivens. Et plus jamais d’autre Rémi Fraisse.