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Pour un retrait complet des ordonnances !

Sous pression des « grognons râleurs », Mailly contraint à une journée de mobilisation

Après deux jours de comité confédéral national agités, le numéro un de FO a tangué mais n’a toujours pas chuté. La fronde a eu gain de cause et a forcé Jean-Claude Mailly à appeler à une journée de mobilisation contre la réforme du code du travail.

Depuis Vendredi, les rumeurs de démission de Jean-Claude Mailly agitent la direction de Force Ouvrière. Le leader de Force Ouvrière a démenti formellement. « Je quitte mon poste dans six mois, partir avant aurait été ridicule ! », confie Mailly. Force est de croire que, pour éviter une sortie par la petite porte, minorisé par le CNN qui cristallise en définitive la pression à la base, Mailly a fait volte-face pour finir par appeler à une journée de mobilisation.

Pour ne pas perdre complètement la face, alors que 123 unions départementales et fédérales sur 143 ont voté pour une mobilisation commune, Mailly a tenté de maintenir les deux bouts : organiser une « mobilisation », sans renier la « concertation ». C’est ce que Jean-Claude Mailly appelle le « réformisme militant » dans son éditorial publié ce lundi. Une acrobatie pour ne pas perdre la face. Dans la même veine, interrogée sur France 2 ce lundi, il a affirmé que les « grognons râleurs », c’était il y a longtemps.

Cependant, même s’il s’agit d’une victoire sous la pression à la base, Mailly tente tout de même de maintenir son étau sur l’aspiration à une posture plus combative des militants. Ainsi, la résolution adoptée par le CCN de vendredi a « souligné les principales positions et revendications » portées par la centrale au cours des derniers mois. Mieux, ce même CCN « a réalisé l’importance du travail effectué par la confédération » par rapport aux ordonnances, notamment la méthode de la « concertation ».

De plus, alors qu’« une majorité d’intervenants se prononce pour le retrait complet des ordonnances, mais également pour au moins une journée de grève interprofessionnelle », témoigne un participant du CCN, Mailly a manœuvré en traçant une ligne rouge : « Si on demande le retrait des ordonnances, le bureau confédéral est en vacances jusqu’au congrès. » C’est une menace de quasi-démission de la direction qui plane alors sur le CCN pour ne pas perdre toute autorité en tant que direction.

C’est ainsi que la résolution politique, que Libération s’est procuré, on ne se positionne pas « contre » les ordonnances. « Le bureau confédéral refusait que l’on mentionne le "retrait" des ordonnances, la grève et un calendrier de mobilisation, on a négocié mot à mot pendant des heures », témoigne un membre de la commission. Le texte se positionne en définitive « contre les ordonnances », mais ne demande pas le retrait complet mais le « retrait des mesures inacceptables ».

Plus encore, la résolution évoque une « mobilisation », et non une grève, mais impose un calendrier, soit une mobilisation avant la ratification de la réforme par le parlement. De la sorte, Mailly, même dévoué à la quasi-unanimité par le CCN, réussit pour l’heure à se maintenir à la tête de Force Ouvrière. Un répit qui pourrait être de courte durée pour Mailly tant les « grognons râleurs » grondent et ne sont pas prêt à une nouvelle trahison ouverte.

[Crédits Photo : @ AFP]




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