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Politique

Grève nationale de la fonction publique

Statut des fonctionnaires : le jeu de dupes du gouvernement.

La pression continue de monter du côté des fonctionnaires qui, s’ils attendent encore le rapport CAP 2022 et le projet de loi en 2019, savent d’ores et déjà que leur statut est menacé. Une tension que le secrétaire d’État à la fonction publique, Olivier Dussopt, a tenté de calmer à la veille de la troisième journée de grève nationale de la fonction publique.

Crédit photo : Reuters

 « Je le répète, nous ne remettrons pas en cause le statut des fonctionnaires » a martelé hier dans Libération, Olivier Dussopt, secrétaire d’État à la fonction publique, à la veille d’une journée de grève des fonctionnaires. Une tentative peu convaincante de rassurer les grévistes qui, à l’appel unitaire des syndicats, marcheront aujourd’hui pour s’opposer aux 120 000 suppressions d’emploi dans la fonction publique, au « recours accru aux contrats précaires » et au « gel de l’indice », ainsi que pour demander l’ouverture de négociations avec le gouvernement sur ces enjeux.

Resté jusqu’ici dans l’ombre du président jupitérien, Olivier Dussopt aura bien du mal à rassurer tant plane au-dessus de lui le spectre des multiples attaques déjà portées par le gouvernement. Ordonnances XXL, Plan Étudiants, Réforme du Rail. Si l’équipe d’Emmanuel Macron attaque de nombreux secteurs, elle n’en est pas à sa première bisbille avec les fonctionnaires dont elle a déjà rétabli le jour de carence et gelé le point d’indice. Placée dans cette continuité, et inscrite dans le projet réformateur d’Emmanuel Macron, on voit mal comment la réforme de l’État pourrait ignorer le statut des fonctionnaires, dont la suppression est exigée par la bourgeoisie depuis des décennies.

En prévision de la réforme de l’Etat, Edouard Philippe a lancé dès octobre une commission d’experts, le Comité Action Publique 2022 (CAP 2022) pour préparer ce grand chantier. Ses conclusions, prévues pour mars 2018, n’ont toujours pas été publiées, le gouvernement craignant peut-être de voir se dresser les fonctionnaires alors que les dossiers de la réforme du rail et de la sélection à l’université ne sont pas encore refermés.

Pour autant, le gouvernement a précisé, dès le 1er février dernier, un certain nombre de pistes de sa réforme de l’Action publique. Trois mesures avaient alors été évoquées, une augmentation du recours aux contractuels, la mise en place d’une rémunération au mérite et l’instauration d’un « plan de départs volontaires ». L’annonce avait déclenché en réponse un appel unitaire à la grève le 22 mars, journée conjointe avec les cheminots qui avait constitué le point de départ du mouvement social actuel.

La semaine dernière, quelques jours après l’ouverture de concertation entre Olivier Dussopt et les syndicats sur « l’extension du recours au contrat dans la fonction publique », Libération expliquait que le CAP2022 proposait, lui aussi, d’étendre le recours aux contractuels. Si, le gouvernement continue d’affirmer qu’il ne remettra pas en cause le statut, l’assouplissement des modes de contractualisation pourrait ainsi permettre de l’attaquer par des voies détournées, en attendant son extinction. Une modalité qui rappelle la réforme du statut de cheminots dans le cadre de la réforme du rail actuellement portée par le gouvernement. Si les cheminots ont majoritairement refusé que l’on mette fin aux embauches au statut, on peut espérer que les fonctionnaires réagissent également avec intransigeance face aux manœuvres du gouvernement, qui visent à terme la suppression de ce statut protecteur.




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