^

Débats

Plus de 80 personnes présentes

Succès de la conférence-débat « Comment en finir avec Macron ? » à Toulouse

Ce jeudi 20 décembre, Révolution Permanente organisait, à Toulouse, une conférence-débat « Gilets Jaunes, étudiants, travailleurs : Comment en finir avec Macron et son monde ? ». Plus de 80 personnes ont participé à cette échéance, avec à la clé des débats fructueux pour contribuer à penser la suite de la mobilisation !

L’écho, sur les réseaux sociaux de la conférence-débat de ce jeudi 20 décembre, avec près de 1400 personnes ayant déclaré vouloir participer ou « être intéressées » par l’événement, était de bonne augure. Au final, ce sont plus de 80 personnes qui ont participé aux débats, dans une salle bondée du Grand Hôtel d’Orléans à Toulouse. Des Gilets Jaunes bien sûr, mais aussi des travailleurs de différents secteurs (cheminots, salariés de Tisséo, de différentes entreprises de l’aéronautique), des retraités et des étudiants ont échangé pendant près de deux heures sur la nécessité et les moyens à mettre en œuvre pour dégager Macron, et plus généralement le monde qu’il représente.

Marina et Nicolas, du comité de rédaction de Révolution Permanente, ont introduit la conférence, avant de laisser place au débat. Après avoir dressé le tableau de la situation politique, à savoir une crise profonde de la Macronie qui s’exprimait jusqu’ici par « en haut » et dans laquelle le mouvement des Gilets Jaunes s’insère, ouvrant une situation pré-révolutionnaire « par en bas », l’introduction a cherché à présenter quelques pistes de réflexion sur les moyens d’aller plus loin, et de pouvoir vaincre Macron et son monde. À savoir, la nécessité d’amplifier le rapport de force, par la construction de la grève générale ; le rôle des bureaucraties syndicales comme un frein à cette perspective ; le débat autour d’une revendication aujourd’hui phare des Gilets Jaunes (le RIC) ainsi que la nécessité du développement de l’auto-organisation.
 

L’un des points les plus positifs de cette conférence-débat, c’est bel et bien l’échange d’expérience de lutte des différents secteurs présents dans la salle. Mouvement inédit dans l’Histoire de l’hexagone, les Gilets Jaunes expérimentent, sans tradition antérieure, diverses modalités de lutte et d’organisation depuis maintenant plus d’un mois. De la diversité des actions à l’organisation d’Assemblées Générales, et Toulouse est sur ce point une forme de « pointe avancée » à échelle nationale, c’est bien avec un regard neuf et par les bilans d’une multitude d’expériences que le mouvement des Gilets Jaunes fait souffler un vent d’air frais. Les étudiants comme les travailleurs, avec une tradition de lutte plus ancrée, ont ainsi échangé avec les Gilets Jaunes, ponctué de témoignages souvent très touchants. Les interventions étaient ainsi passionnées, avec parfois une émotion palpable dans la voix, une certaine « impatience » – justifiée – à « faire tomber le mur maintenant » comme l’exprimait un GiIet Jaune travailleur de l’aéronautique, et un réel enthousiasme de se rencontrer.

La discussion a aussi mis en avant un autre aspect, profondément subversif : la nécessité d’en finir avec un système qui, au-delà de Macron, est à la source de la situation d’impasse dans laquelle se trouvent aujourd’hui de larges pans de la population. A ce titre, des interventions mettaient en lumière une forme d’incompréhension concernant la politique menée par les directions syndicales, leur refus d’appeler clairement à la grève, et de converger concrètement pour faire tomber Macron. Pour reprendre la métaphore d’un intervenant, nous avons été depuis des décennies « dans un tunnel, où, au fur et à mesure que nous avançons, l’air se raréfie et l’obscurité devient plus dense. Le mouvement des Gilets Jaunes nous fait entrevoir le bout de ce tunnel, et nous y trouvons un mur ». Une image qui illustre à merveille le rôle de conciliation que jouent aussi bien ces directions syndicales, que tout le système politique, policier et judiciaire auquel nous faisons face mais qui tremble quand un mouvement de masse se réveille au cri de « Macron démission ».

Enfin, la question du RIC a également été abordée. Traduisant une aspiration à « plus de démocratie » et à la participation active du plus grand nombre dans les décisions politiques, bien des interventions ont pointé les limites du RIC, et d’une forme de « récupération », ou tout du moins du risque d’une « passivisation » du mouvement lui-même, sans aucune garantie d’un regain de démocratie. Là aussi, c’est bien la volonté d’aller jusqu’au bout dans le combat contre Macron et son monde, sans aucune concession, qui était au centre des préoccupations.
 
Comment en finir avec Macron et son monde ? Bien sûr, il faudra bien plus que deux heures de discussions pour trouver une (ou probablement plusieurs) réponse à une telle question. Mais la conférence-débat a permis de mettre en avant quelques pistes. Pour que le « vœu pieux » de la grève générale devienne une réalité concrète, ouvrant un large champ des possibles sur la société que nous voulons construire, permettant à chacune et chacun de s’épanouir et de répondre à diverses questions cruciales, comme la question écologique, il est apparu clairement qu’un combat contre les bureaucraties syndicales est nécessaire. Le développement de l’auto-organisation était aussi dans toutes les têtes, non seulement pour que la base garde le contrôle de son mouvement, mais aussi pour œuvrer à une réelle convergence des différents secteurs en lutte, tout comme l’opposition à Macron et son monde et la revendication d’un autre pouvoir, réellement démocratique et entre les mains de toutes et tous les exploités et les opprimés. Il s’agit là, au-delà de la réussite quantitative de la conférence-débat, d’une réussite « qualitative » de l’événement de ce 20 décembre.




Mots-clés

Gilets jaunes   /    Toulouse   /    Révolution Permanente   /    Débats