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Politique

La codétermination dans le viseur ?

Succession de Gattaz : Berger veut donner un « coup de main » au MEDEF

Laurent Berger, leader de la CFDT, s'est demandé ce mercredi si le Medef n'aurait pas besoin d'un « coup de main » pour assurer la succession de Pierre Gattaz qui s'annonce encore indécise. Après avoir appuyé et déroulé le tapis rouge à Macron et à ses ordonnances, les annonces d’une collaboration toujours plus ouverte avec le patronat ne sont pas anodines.

Dans un entretien aux journaux du groupe Ebra, Laurent Berger a jugé bon de donner son avis sur la succession de Pierre Gattaz, actuel président du MEDEF, qui doit intervenir en juillet 2018. « Au Medef, cela fait deux fois que des gens qui nous expliquent tout connaître de l’entreprise et du management se prennent les pieds dans le tapis au moment de choisir leur président...", a-t-il commencé.

« Ils ont peut-être besoin d’un coup de main. On ne leur donnera pas pour le Medef, mais dans les entreprises, nous sommes légitimes à le faire », a continué M. Berger, montrant que l’idée n’est pas forcément que de l’ironie, mais répond à une politique de « codétermination » qu’il exige de longue date. Comme l’affirme L’Opinion, « déçue de ne pas avoir assez été écoutée lors de la négociation sur les ordonnances sur la question de la codétermination, la CFDT pousse en ce sens. »

Et Macron, avec la nouvelle loi Le Maire, pourraient bien accéder à cette demande en impliquant davantage les représentants syndicaux dans la gouvernance des entreprises. « L’Elysée a conscience que cela redonnerait le sourire à Laurent Berger, le secrétaire général de la confédération. Le patronat, en revanche, freine des quatre fers. Mais le Medef est empêtré dans la succession de Pierre Gattaz… », continue l’Opinion.

C’est en ce sens, que Berger s’est même risqué à donner un nom quant à la succession de Pierre Gattaz. M. Berger a qualifié le patron de Michelin de "quelqu’un de bien". "La CFDT côtoie Jean-Dominique Senard chez Michelin : tout n’est pas merveilleux, mais il a une vraie politique du dialogue social et il accepte d’écouter les autres", souligne-t-il toujours dans l’entretien. Ainsi, bien plus que de l’ironie, tout en ayant conscience des contradictions quant à la guerre de succession au sein du MEDEF. Après avoir donné un cadeau au secteur de la Chimie, en acceptant un salaire minimum en dessous du SMIC, Berger met la pression au patronat.

Non content de voir la CDFT s’intéresser à ses affaires, le MEDEF a compris le sérieux de la proposition et a répondu sèchement sur Tweeter. « Nous n’avons besoin d’aucun coup de main », a répondu sur l’organisation patronale. « Nos présidents sont élus. Pour un unique mandat de 5 ans non renouvelable et non rémunéré. On ne parle pas de succession », a ajouté le Medef. Le MEDEF, et ses différentes franges du patronat sont en dispute. De sorte que le MEDEF a refusé en décembre de modifier les règles régissant l’élection de son président, écartant de facto une candidature du patron de Michelin.

Pour terminer, Berger a embarqué dans sa tirade, la direction Force Ouvrière, qu’il semble voir dans le même état d’esprit. « Je constate qu’hier à la CFDT, et maintenant à Force ouvrière, la transition se fait dans la clarté », a-t-il insisté. Qu’on se rassure, le successeur de Mailly, Pascal Pavageau compte bien imprimer une politique toujours plus ouvertement de collaboration de classe, lui qui a affirmé dernièrement que le « syndicalisme ne se résume pas aux grèves »…

Crédits Photos : © Sipa Press




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