Notre classe

Le coup de gueule des Infirmières en colère

Suicides infirmiers : Toulouse, Le Havre, à qui le tour ?

Publié le 4 juillet 2016

Nous relayons ce texte publié sur la page facebook Les infirmières en colère après le suicide d’une infirmière au Havre le 24 juin, après avoir laissé une lettre dans laquelle elle dénonçait ses conditions de travail déplorables.

Après l’infirmier de Toulouse, c’est une collègue de plus, morte au Champ d’Honneur de la Santé, au Havre, dans la presque totale indifférence et ignorée, post mortem, des pouvoirs publics. Pour avoir été, comme beaucoup d’entre nous au quotidien, pressée par la hiérarchie hospitalière pour donner toujours plus de sa personne avec toujours moins de moyens au service de la population, sans limites.
Victime de la purge qui frappe de plein fouet les hôpitaux et les cliniques au titre de la RGPP initiée sous Sarkozy et poursuivie avec zèle, honteusement, sous Hollande. Au seul profit de la finance mafieuse qui s’en met toujours plus, plein les poches, sur le dos des petits et des sans dents.

Cette Santé publique aujourd’hui cotée en bourse comme n’importe quelle entreprise du CAC 40, pilotée à base de business plan par des dirigeants parfois obligés ou incités à emprunter, hasardeusement, sur les marchés financiers pour assurer les fins de mois difficiles de leurs établissements plombés par les dettes, avec les conséquences que l’on connaît maintenant, notamment en matière de remboursement des emprunts dits toxiques.

Ces politiciens, complices et parfois rémunérés, qui soit à l’Assemblée Nationale, soit au Sénat ou au ministère ne sont que des marionnettes au service, de cette finance omniprésente qui tire les ficelles et qui pourrit tout au détriment de l’Humain, qu’il soit patient ou soignant.

Nous avons en mémoire la récente campagne de Médecins du Monde qui dénonce le fric fait par les labos dans le traitement du cancer, nous avons en mémoire la carte de la désertification médicale diffusée avant hier par la revue Que Choisir, exemples bien concrets de cette puanteur silencieuse qui nous pourrit la santé au quotidien.
Nous venons de prendre connaissance de la très belle victoire obtenue par les Gueules Noires de Moselle qui viennent de faire reconnaître et condamner, par les tribunaux, les abus de leurs anciens employeurs - au détriment de leur santé - pendant des décennies après des années de luttes devant les tribunaux.

Il est grand temps que les infirmières et les autres soignants en fassent de même pour que soit reconnues, à leur juste valeur, les misères qui nous sont faites physiquement et psychologiquement, en ayant aussi en mémoire les infos relayées la semaine dernière sur les ravages faits à notre propre santé, notamment du travail de nuit qui nous est imposé sans aucune reconnaissance. Pour que nos collègues ne se soient pas suicidés "pour rien".