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Politique

"Le leader du marché libre"

Suppression de "l’exit tax" : la nouvelle annonce du président des riches

C’est dans la très fameuse revue Forbes que Macron a jugé bon d’annoncer son intention de supprimer « l’exit tax », cet impôt adopté sur la fin du mandat de Sarkozy et sous la pression de la crise financière de 2008. Macron, affublé du titre de « leader du marché libre » par la revue, a tenté par cette annonce d’adresser un message de bienveillance à l’égard du capital tout en espérant sûrement passer quelque peu en dessous des radars de la contestation sociale pour qui il est bien définitivement le président des riches.

Une mesure de peu d’envergure au plan politique…

Cette mesure, votée par un parlement de droite en 2011, est essentiellement une mesure politique et budgétaire adoptée dans un contexte de crise financière et de fortes pressions en matière de déficits publics. Dans un tel contexte, le gouvernement Fillon a été contraint d’abandonner son très impopulaire « bouclier fiscal », cette mesure assurant le plafonnement absolu de l’impôt à hauteur de 50% des revenus, pour 60% auparavant. Afin de ne pas léser les plus riches, cette rectification s’est néanmoins vu accompagnée d’une modification des barèmes de l’ISF, allant dans le sens de son allègement. C’est pour compenser le manque à gagner que « l’exit tax » a vu le jour. Qu’on ne s’y trompe pas pour autant, cet impôt n’a rien de la mesure sociale. Il ne touche tout d’abord que les détenteurs d’actions dont le patrimoine s’élève à plus de 800 000 euros ou à plus de 50% des parts dans une société. De plus, il ne vise que la plus-value réalisée lors de la vente effective des titres (un sursis étant presque systématiquement accordé au moment de l’établissement à l’étranger). Enfin, une exonération est possible lorsque les actions sont détenues depuis plus de 15 ans, ce qui préserve de facto nombre de représentants du grand patronat.

Mais dont l’abrogation sera compensée par les plus pauvres

Néanmoins, le signal politique envoyé par Macron est clair : le gouvernement est prêt à tout pour favoriser les plus riches, laissant ainsi la facture aux plus pauvres. Compte tenu du fait qu’il n’y a pas « d’argent magique », pour reprendre son expression, il faudra bien trouver de quoi renflouer les 745 et 803 millions d’euros de recettes de l’impôt pour les années 2015 et 2016, broutille selon lui mais qu’il ne serait néanmoins aucunement disposé à accorder à l’enseignement supérieur ou encore à l’hôpital. En dépit du caractère hypocrite de la mesure en matière d’évasion fiscale, il faut remarquer la profondeur de l’offensive Macronienne en faveur du patronat dont cette annonce n’est qu’un élément. Tout est bon à prendre et l’heure n’est manifestement plus aux calculs politiques vétilleux. Dix ans après la déflagration bancaire et financière venue de Wall Street, le patronat exige le pillage généralisé des ressources publiques et des revenus du travail, et refuse le luxe du compromis. Tenons-nous le pour dit et donnons nous les moyens d’organiser véritablement la contre-offensive sans négociations.




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