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Politique

Cadeau empoisonné

Suppression de la taxe d’habitation, une mesure pour camoufler les mesures austéritaires !

C’est la soi-disant mesure de gauche de la campagne Macron, reportée à la fin du quinquennat mais qui finalement va voir le jour en 2018, pour tenter d’acheter la paix social.

Macron lors de la campagne présidentielle afin de casser son image de centre droit, et d’ancien banquier favorable au patronat, avait vendu la suppression de la taxe d’habitation comme une mesure à destination des classes populaires, et moyennes. L’objectif étant qu’au deuxième tour de l’élection présidentielle cette mesure décide des électeurs souvent précaires n’ayant pas voté Macron au 1er tour à franchir le pas.

Macron inquiet de ne pas pouvoir lancer son projet d’attaque du monde du travail (à travers les ordonnances de la loi travail XXL, l’augmentation de la CSG, ou encore la suppression des cotisations de la sécurité sociale) a décidé de finalement mettre toute la communication sur la suppression de la taxe d’habitation pour 80% des ménages. Par cette pirouette il espère, tel un illusionniste, focaliser l’attention sur la suppression de la taxe d’habitation cet été pendant que de l’autre côté il s’attaque a plus de 100 ans de conquêtes sociales.

Mais le pire dans tout cela, c’est que cette mesure n’est même pas « progressiste », mais bien une mesure d’austérité. Cette mesure vise en réalité à faire prendre en charge par l’Etat les montants initialement prélevés par les communes au travers de la taxe d’habitation. Cette mesure coûtera 8,5 milliards d’euros aux finances publiques et donnera un contrôle direct de l’Etat sur une partie non négligeable du budget communal. Une façon d’imposer de façon drastique l’austérité aux collectivités locales.

Hélas quand la précarité vous pousse à faire les fonds de tiroir, même un cadeau empoisonné devient tentant. Car oui quand la première chose à quoi il faut penser, c’est comment nourrir sa famille ou payer son loyer avec un smic, on ne se préoccupe pas de savoir pourquoi il n’y a aucun musée dans la ville ? Pourquoi les associations n’ont plus de moyen pour les enfants ? Pourquoi il n’y a pas de bibliothèque ou de médiathèque ? Pourquoi il n’y a pas d’accès handicapés etc… C’est encore une fois jouer avec la misère, et ce jeu est la marque de fabrique de la bourgeoisie, qui rigole en voyant « ceux qui ne sont rien » se réjouir alors que la branche sur laquelle ils sont assis est en train de céder.

La taxe d’habitation, c’est entre 15 et 30% du budget des collectivités. Lorsque que le gouvernement aura un contrôle direct sur la baisse des budgets, l’austérité ne tardera pas à toucher le monde du travail. Mais comment continuer à payer des fonctionnaires, à financer des crèches, des PMI, des associations de quartier, des MJC, des infrastructures comme les routes, les gymnases, les terrains de sports, les bibliothèques, des centres éducatifs, écoles élémentaires, collèges, lycées etc… Combien coûtera le repas dans les cantines scolaires, le prix dans les crèches, qui financera les sorties scolaires payées par la ville, le prix des centres aérés etc…
Nous le savons aujourd’hui si les villes qui arrivent de moins en moins à fonctionner avec les baissent de financement, l’austérité avec la baisse des dotations de l’Etat accentuera cette dynamique.Les familles précaire payeront encore plus cher le repas de cantine, la garde en crèche ou encore le centre aéré après l’école. Qu’en sera t’il demain, lorsque les dotations de l’Etat seront au fur et à mesure supprimées ? quand la cantine ou le centre aéré qui pour certaines familles représentent 200€ de frais pour un enfant, alors qu’aujourd’hui parfois la cantine était gratuite comme dans certaines villes, ou bien ne dépasse pas 40 à 60€ par mois pour les familles précaires. La seul solution, sera que les parents ne pouvant plus travailler et payer la cantine des enfants, devront soit arrêter leur travail pour assurer la garde ou bien on aura des enfants de 8 - 9 ans devant la barrière de leur école entrain de manger un sandwich préparé par maman, pendant que les familles aisées elles pourront encore payer le repas à la cantine, accentuant encore la fracture sociale.

Mais qu’on se rassure Macron a dit qu’il compensera les 21 milliards d’euros de taxe d’habitation à l’aide de 60 milliard d’économie qu’il fera, sans vraiment préciser ni ou ni comment. Etant donné l’augmentation de la dette chaque année malgré les annonces, nous doutons fortement de la possibilité de faire 60 milliard d’économie sans que cela ne mette en péril les emplois dans la fonction publique, les moyens de transports, l’éducation nationale ou la santé.

Surtout motus et bouche cousue sur les 80 milliards de fraude fiscale des entreprises du CAC40. Motus et bouche cousue sur les 25 milliards de CICE versés chaque année aux entreprises pour soi-disant embaucher, et qui à la place ferment des usines comme à Whirlpool malgré un bénéfice atteignant plus de 800 millions d’euros ou qui licencient massivement comme à Auchan. Et derrière cela pour éviter de chercher l’argent la ou il est, Macron prépare une réforme de l’ISF pour ses amis et généreux donateurs qui l’ont aidé à devenir président.

Voilà comment d’une soi-disant loi de gauche, on arrive à un massacre social.




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