Notre classe

Toulouse : Défendons les emplois

Suppressions de postes à l’Université Paul Sabatier : Un plan social qui ne dit pas son nom !

Publié le 18 septembre 2016

Nous relayons ici cet article sur le site du NPA31 sur la situation à l’Université Paul Sabatier. A l’heure où les Latécoère voisins subissent un PSE important, et où les personnels de l’UFR de psychologie de l’Université du Mirail dénoncent le manque de moyens, Toulouse a de quoi lutter pour défendre les emplois jusqu’au bout !

Début juin, Mr Vinel, président de l’université Paul Sabatier à Toulouse (UT3), a dévoilé au Conseil d’Administration de l’Université son « plan de développement ». Derrière ce titre pompeux se cache en fait un véritable plan social. Après deux ans de déficit pour l’Université, la perte de l’IDEX sur le site toulousain, la présidence tente d’éviter la mise sous tutelle en amputant de 16 millions d’euros sur 3 ans la masse salariale. Soit environ 200 postes sui toucheront l’ensemble des catégories de personnels. Et ceci dans un contexte où le nombre d’étudiants explose (plus 3000 sur cette rentrée et la suivante, soit +10%). 200 postes en moins, c’est autant de travail en plus pour les plus de 4000 salariés de la fac qui resteront. Donc une dégradation notable des conditions de travail tout comme de la qualité de l’enseignement pour les étudiants. Déjà cette année, la rentrée est dite "catastrophique" : fin des cours à 20h voire 22h, séances de TD/TP raccourcies et en effectifs doublés, des cours supprimées, des formations fusionnées (moins 30 000 heures d’enseignements au total). Et ce n’est qu’un avant-goût des difficultés à venir.

Plutôt que de renvoyer la responsabilité sur le gouvernement et sur la LRU (Loi de Responsabilité des Université), la présidence Vinel se place dans la droite ligne des défenseurs de l’austérité. Le piège s’est refermé. En acceptant l’ « autonomie » budgétaire des Université, les directions se sont liées les mains. Comment s’en sortir avec une dotation de l’Etat constante alors que la masse salariale augmente mécaniquement par le jeu des progressions de carrières allongées par les reports de l’âge possible de départ à la retraite ? Dans cette situation, il n’y a pas d’autre voie que de rentrer en dissidence contre le ministère et de refuser de sacrifier des emplois. La mise sous tutelle c’est transférer la responsabilité des suppressions de postes au gouvernement, c’est montrer l’adversaire aux travailleurs de l’Université !

Dans cette situation, les personnels ne restent pas l’arme au pied et se mobilisent avec leurs syndicats (CGT, Solidaires, FO, FSU, UNSA, UNEF). En juillet, plus de cent agents ont bloqué physiquement le Conseil d’Administration (CA) pour empêcher le vote du « plan de développement ». Cela a été une première victoire mais le CA se réunit de nouveau lundi 19 septembre. En assemblée générale le 15 septembre, les personnels ont voté la grève pour le 19 et un rassemblement aura lieu devant le CA pour imposer le retrait du plan. Mercredi 21 septembre, c’est Thierry Mandon, secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche qui sera en déplacement à Toulouse (à l’Université Jean Jaurès). Nul doute que les travailleurs du secteur sauront lui exprimer leur colère et leur détermination.