Société

Mépris de classe à l’heure de grande écoute

TF1 : Quand Jean Pierre Pernaut oppose les réfugiés et les plus précaires et relaie le discours du FN

Publié le 11 novembre 2016

Jean Pierre Pernaut, présentateur vedette de TF1 et de son édition de 13h, s’est encore une fois fait le porte-voix de celles et ceux qui cherchent à opposer SDF et migrants. Cette logique raciste est de surcroît souvent très hypocrite, car les militants qui aident les réfugiés sont souvent ceux qui aident les SDF et, à contrario, ceux qui tirent sur ls centres d’accueil de migrants sont aussi ceux qui brûlent les centres d’accueil des SDF.

Charles Tired

Ce jeudi 10 novembre, entre un reportage sur les maraudes de la Croix Rouge pour les sans-abris et un reportage sur l’ouverture d’un centre d’accueil des migrants porte de la Chapelle à Paris, le présentateur du JT qui « informe » plusieurs millions de téléspectateurs s’est fendu d’une phrase pleine de sens : « Voilà, plus de place pour les sans-abris, mais en même temps les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France ». La phrase oppose clairement celles et ceux qui ont fui la guerre pour vivre dans la rue en France et les SDF « français » qui sont la priorité d’un bon nombre de politiques depuis qu’ils cherchent à stigmatiser les migrants. Cette opposition est non seulement infondée, matériellement infondée : entre deux personnes qui vivent dans le froid de la rue, une carte d’identité française change-t-elle quelque chose à la difficulté pour survivre ? Mais surtout motivée par des arguments avant tout racistes. Il y a évidemment une continuité entre ces phrases et les commentaires racistes sur la culture ou la religion, comme la désormais célèbre double portion de frites pour les musulmans de Nicolas Sarkozy. Ainsi, on se rappelle de la récente campagne du Front National, qui tentait de mettre la misère des agriculteurs, des étudiants et des travailleurs sur le dos de l’immigration, avec le slogan « Hélas pour elle/lui, x n’est pas migrant-e », comme si fuir son pays et traverser la misère du monde était une chance.

Ces remarques récurrentes sont de surcroit plus qu’hypocrites. Celles et ceux qui sont les premiers à rire ou sourire quand un centre d’accueil de migrants est incendié, ou quand des réfugiés sont attaqués par balle sont aussi celles et ceux qui crient à l’affront quand un centre pour SDF est installé dans le XVIe arrondissement, avant d’y mettre le feu. Cette hypocrisie révèle avant tout une haine plus profonde et générale, un mépris de classe structurant chez Pernaut et consorts qui distille sa haine et ses mensonges sur les ondes. Contre cette islamophobie étouffante et ce racisme nauséabond, mobilisons et faisons front contre les Pernaut, les Trump et les Le Pen.