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Genres et Sexualités

« Touche Pas à Mon Poste »

TPMP banalise le viol conjugal : 5000 plaintes au CSA

Une fois de plus, l’émission Touche Pas à Mon Poste se retrouve sous les feux des critiques, pour le moins justifiées, des spectateurs de l'émission. Le 25 octobre ils réaffirmé qu’ils n’en avaient cure en réouvrant leur penchant misogyne et sexiste sur la question du viol conjugal, ce qui leur a valu de nombreuses plaintes au CSA.

L’équipe de Touche Pas à Mon Poste a choisi le 25 octobre de revenir sur le sujet de le « polémique » qui entoure la question posée par Fun Radio sur Twitter où l’animateur demandait à ses auditeurs s’ils approuvaient le fait que « Charlotte ne supporte pas que son mec lui fasse l’amour la nuit quand elle dort ». Le sujet pose déjà un problème en lui-même : Celui d’une situation de non-consentement (elle est endormie), comme un sujet de discussion. Il nie le caractère de viol de la situation. Sur Touche Pas à Mon Poste loin de se positionner correctement en dénonçant le sondage ils vont dans la surenchère. Ils viennent ainsi renforcer leur ligne, s’assimilant à banaliser le viol, qu’ils ont déjà démontrés à plusieurs reprises (comme par exemple la « canular » homophobe de Cyril Hanonna lorqu’il se faisait passer pour un homosexuel pour « draguer » un jeune homme au téléphone en direct ou encore la fois où le chroniqueur Jean-Michel Maire avait embrassé une invitée sur le sein car elle lui refusait un baiser).

Le viol conjugal : ce sujet tabou et trop souvent omis

Ce jour-là, c’est Mathieu Delormeau qui est en tête de proue de la polémique car il s’est en effet dit avoir été choqué par tout le bruit autour du sondage de Fun Radio car selon lui, « employer le mot viol pour cela c’est une honte pour les gens qui sont vraiment violés ». L’ancienne Miss France Delphine Wespiser y est également allée de son petit commentaire en affirmant que « des choses qui se font quand l’une ou l’autre personne dort c’est tout à fait mignon, tout à fait sympa ». Elle a également ajouté « On ne parle pas du voisin, on parle de son petit copain, avec qui elle est et qu’elle est censée aimer ».

Cette manière de penser pose la question du viol comme si ces crimes n’étaient commis que par des hommes louches dans des ruelles sombres. Ils les font passer pour des événements rares perpétrés par une minorité de personnes. Cependant la réalité du viol est tout autre : en effet environ 80% des viols sont commis par des personnes proches de la victime et dans environ 30% des cas il s’agit du conjoint même. Parler ainsi de personnes « violée avec amour » comme l’a dit l’un des chroniqueurs banalise totalement et nie les viols conjugaux.

Suite aux déclarations des personnes présentes sur le plateau de TPMP s’en est suivi une vague d’indignation de la part des téléspectateurs sur les réseaux sociaux. Plus de 5000 plaintes ont également été déposées au CSA concernant cette énième affaire de TPMP. L’ancienne Miss France a réagi à cela en se disant « très peinée » en voyant les nombreux tweets à son égard détournant ainsi le sujet et se plaçant comme la victime dans l’histoire. Mais face à ces voix réactionnaires, la parole des véritables victimes doit être entendue il est important de rappeler que non le consentement ne se négocie pas, non se marier n’est pas consentir, non l’amour ne justifie pas un viol.

Crédits photo : Cyrille GEORGE JERUSALMI/D8