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Politique

90 euros en plus sur la facture

Tarifs du gaz : une hausse de 7,45% qui en appelle d’autres

Les tarifs réglementés du gaz ont bondi de 7,45% au 1er juillet. Dans le cadre du renforcement de l’ouverture à la concurrence, cette hausse ne devrait être qu’un début.

+7,45% : c’est la plus forte hausse du prix du gaz depuis six ans qui concernera l’ensemble des opérateurs de distribution de gaz qui sont tenus de se conformer aux tarifs reglémentés. Cela représente un surcoût d’environ 90 euros annuels pour les foyers qui utilisent une chaudière à gaz. Dans un contexte où le gouvernement multiplie les offensives contre le pouvoir d’achat, notamment des plus précaires (CSG, APL, etc.), celle-ci va peser lourdement sur le budget des particuliers dès l’année prochaine.

Cette hausse avait été suggérée récemment par la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Le gaz ne fait l’objet d’aucune pénurie à l’échelle mondiale puisque les experts estiment que les réserves sont suffisantes pour environ 200 ans de consommation. Cependant, les prix du gaz sont dans une certaine mesure indexés sur ceux du pétrole, en raison de la concurrence relative dont elle fait l’objet, qui ont plus que doublés depuis deux ans. Vendredi, le baril de Brent de la mer du Nord atteignait 79,40 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres. En cause, l’aggravation de la situation géopolitique dans les régions productrices, et dans laquelle le gouvernement français porte une lourde part de responsabilité. D’autre part, cette hausse vise à compenser les surcoûts de stockage et de distribution de gaz naturel.

Profitant de l’annonce de cette hausse du prix du gaz, le gouvernement et les grands médias en ont profité pour louer l’ouverture à la concurrence dont fait déjà l’objet la distribution du gaz naturel depuis plusieurs années. Une concurrence que le Conseil d’Etat a prévu de renforcer : il a annoncé récemment la fin des tarifs réglementés à l’horizon de l’année 2023. Contrairement aux mensonges du gouvernement et des grands médias, cette déréglementation laisse présager une augmentation des tarifs du gaz puisqu’elle signifie que les opérateurs de distribution privés seront libres d’augmenter les tarifs selon leur bon gré - c’est-à-dire les velléités de profit des actionnaires. Si actuellement, les prix des opérateurs privés sont légèrement inférieurs à ceux de l’opérateur public Engie, il s’agit d’une hausse en trompe l’œil puisque celle-ci fait l’objet d’une concurrence déloyale volontaire pour assurer des plus faibles coûts au privé. Il s’agit le plus souvent d’opérations de rachat de gaz à l’opérateur public à des prix inférieurs si Engie les vendait directement au particulier.

En réalité, il s’agit pour le gouvernement de continuer la privatisation à marche forcée du secteur de l’énergie, à l’image de l’ensemble des secteurs publics. Au mois de novembre dernier, Total a ainsi passé un partenariat avec Engie pour racheter une partie de son portefeuille d’actifs amont de gaz naturel liquéfié (GNL), lui permettant de devenir le n°2 mondial sur ce secteur. Un véritable cadeau pour l’entreprise qui a réalisé 8,6 milliards d’euros de profits en 2017 et qui compte bien faire gonfler ce chiffre dans les années à venir sur le dos du consommateur et avec l’aide du gouvernement.

Crédits photos : SIPA




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