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Bataille du rail

Taux de grévistes. La SNCF truque les graphiques pour minimiser la mobilisation

Alors que l’ensemble des médias expliquent que la mobilisation s’essouffle, la réalité est bien différente. Aujourd’hui, Marianne a mis en avant le fait que la SNCF, pour pousser les cheminots à la démoralisation et gagner la bataille de l’opinion, trafique allégrement les graphiques représentant le taux de grévistes et son évolution.

Comme l’explique Marianne, à chaque journée de grève, la direction de la SNCF, via son service communication, donne en détail le taux de grévistes. Pour mettre en avant l’évolution, elle a décidé de faire un graphique. Or, ce sont précisément ces graphiques qui posent question.

En effet, loin d’être impartiale dans l’affaire, la direction de la SNCF qui fait tout pour faire rentrer dans le rang les cheminots qui se battent contre la privatisation et la mise en concurrence et pour conserver leur statut, a choisi de modifier grandement l’échelle représentative.
C’est ainsi qu’en regardant le graphique entre la journée de mercredi et celle du 13 avril le graphique baisse des trois tiers. De fait, on peut se dire qu’il y a un essoufflement certain de la mobilisation. Pourtant, le taux de gréviste n’a baissé que de 2,66 points !

Le lendemain, pas de bol pour la direction, la mobilisation est repartie à la hausse avec 22,73% de grévistes. Une augmentation de 2,89 points par rapport à la veille ce qui fait que la journée est encore plus réussi que celle du 13 avril dernier. On pourrait s’attendre à ce que le graphique s’emballe et que la différence entre mercredi et jeudi soit encore plus grande … et bien non !
Un petit tour de magie de la part du service communication de la SNCF, l’écart entre les pourcentages de grévistes de mercredi et jeudi semble beaucoup plus réaliste.

Le 4 avril, la direction avait utilisé le même procédé faisant descendre de moitié le graphique alors qu’il n’y avait eu qu’ une baisse de 4 points.
Ca va de mal en pis. Lors de la prochaine doublette de jour de grève il faut s’attendre à ce que la direction sorte un graphique avec une diminution de 100% du taux de grévistes.

C’est une stratégie qui pourrait faire sourire tellement c’est gros mais derrière une telle manipulation de la représentation graphique, la direction de la SNCF s’attaque aux cheminots de deux manières.
Dans un premier temps, ces graphiques sont destinés à démoraliser les cheminots grévistes et empêcher les non grévistes à les rejoindre.
Les graphiques montrent plus de 2/3 de baisse du taux de grévistes. Un mouvement qui selon la représentation graphique serait en déliquescence et pour lequel il ne faudrait plus s’investir alors même qu’il n’y a eu qu’une baisse de 2 points. Le lendemain l’augmentation est ultra minimisée par le graphique pour ne pas redonner le moral aux cheminots.
Dans un second temps, le but de cette manipulation est de monter l’opinion publique contre les grévistes. En effet, face à un mouvement qui périclite, les cheminots persisteraient à « prendre en otage les français », pour reprendre la phraséologie des médias, au dépend du bon sens.

Mais comme le montrent les véritables graphiques, la mobilisation reste toujours aussi importante à la SNCF. Les taux de grévistes peuvent baisser et augmenter de plusieurs points entre deux dates à cause de la modalité de la grève. Mais avec le départ en reconductible de plusieurs gares, comme St Lazare et celle de Paris Nord, la mobilisation tend à se radicaliser et pour la direction de la SNCF, il faudra plus qu’un graphique grossièrement trafiqué pour démoraliser les cheminots qui restent déterminés à gagner.




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