Politique

Témoignage. Action de blocage au Mc Do pour le début de l’Euro 2016

Publié le 10 juin 2016

L’action avait été bien préparée mais la perspective d’une heure d’attente pour pouvoir entrer dans la Fan Zone a dû en décourager plus d’un. C’est finalement avec un petit groupe d’une trentaine de militants, mais bien motivés, qu’on a tenté de mener cette action de blocage du Mc Do dédié à l’Euro. Dans un contexte de boycott de l’Euro, le dispositif de sécurité n’était pas entièrement dédié à la lutte contre le terrorisme malgré les dires des CRS un peu plus tard. Parce qu’en arrivant dans la zone, séparément ou par petits groupes, sans banderole ni mégaphone, les CRS étaient déjà placés autour du Mc Do - une quarantaine en tout.

Syd B.

Après une petite heure de concertation, le temps que les groupes se retrouvent et qu’on estime le potentiel de l’action, on se met finalement en route. Chacun quitte sa borne easy order (une opération camouflage rondement menée) pour venir sur la plateforme devant le comptoir. Une quinzaine de secondes après, au bout d’un demi-slogan, les CRS nous encerclent, nous rassemblent et nous poussent violemment vers la sortie de la zone sans préavis. Dans le peloton, des slogans anticapitalistes - jusqu’à la nasse à l’extérieur de la Fan Zone. Le nombre de CRS était tellement impressionnant que c’est à se demander s’il y a des choses à faire à l’intérieur. On est 30, dans une action bonne enfant, menée clairement pour le coup d’éclat médiatique, pour montrer que malgré l’Euro la lutte continue - un vrai blocage étant, dans ces conditions, impossible. Ils sont une cinquantaine à nous encercler, à surveiller l’entrée et à organiser les relevés d’identité. Le responsable du groupe engage le dialogue, s’en suit un débat relativement insolite sur la démocratie et la Grèce Antique. Pas de heurts, quelques chants, libération rapide et chacun est retourné à son action suivante.

Cela dit, le relevé des identités dans son usage diffère peu d’un fichage - on nous dit que si il y a de nouveau infraction (comme par exemple, aller manifester, soyons clairs), la procédure pourra être "accélérée" parce qu’ils auront déjà nos identités. De nouveau, l’usage de la caméra tout le long des discussions dans la nasse par les policiers. Après la libération, un militant d’une cinquantaine d’années raconte qu’il a été éjecté de la Fan Zone vers 17h : "Je buvais un café sur la terrasse du Mc Do au-dessus, j’étais tout seul. Les policiers viennent me voir et me demandent ce que je fais là, ils disent qu’ils me connaissent. Je fais mine de ne pas les connaitre, ils me disent mais si on s’est déjà vus à l’Odéon ! Je leur dis que ce n’est pas parce que je suis de gauche que je ne peux pas aimer le foot - ils me demandent de partir et m’escortent jusqu’à la sortie." Dans la Fan Zone, on l’aura compris, on est désormais non persona grata.

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