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« Thatcher ou Trotski » : À Bercy, Emmanuel Macron attaque Fillon et Mélenchon

Alors que le candidat d’En Marche, Emmanuel Macron, est dans une dynamique de moins en moins favorable, Emmanuel Macron est reparti à l’offensive en fustigeant « les candidats du passé ».

Crédits Photos : CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS

À quelques jours du premier tour, retour aux sources pour Emmanuel Macron en ce lundi. Le candidat d’En Marche a tenu meeting à Bercy, à deux pas du ministère de l’Economie. Capable d’accueillir plus de 20.000 personnes, difficile de trouver des sièges vides. Selon les organisateurs, ce seraient 25.000 personnes qui ont assisté au meeting.

Un début de fébrilité ?

Dès lors que le candidat néo-libéral n’est plus en mesure de garantir sa place au second tour, les vannes sont lâchées. Alors que généralement, il ne s’agissait pas de siffler ses adversaires, le secrétaire général du mouvement, Richard Ferrand, n’a pas retenu l’auditoire de le faire lorsqu’il a lancé « Fillon a définitivement perdu toute autorité morale pour diriger l’Etat ou parler au nom de la France ».

Des sifflets ont aussi retenti lorsque le député du Finistère a évoqué Marine Le Pen, qui « confond notre terroir et le terrier dans lequel elle voudrait enfermer la France ». Autant de signaux qui montrent que le candidat est moins serein qu’auparavant. « Les sondages ne sont pas notre boussole », a lancé Richard Ferrand, une façon de se rassurer.

Macron le candidat de l’avenir face à ceux du passé

Il semble donc que le candidat soit plus fébrile. Certains affirment que l’atmosphère des meetings a changé depuis quelques temps. En signe de prémices, le candidat a placé le décor : « Ça ne sera pas facile, mais dans les jours qui viennent, nous nous battrons car nous sommes des guerriers », a tancé le candidat, loin de l’atmosphère plutôt tumultueuse qui baignait souvent ses meetings.

Le candidat maintient malgré tout la pression. À l’image de ses dernières prises de paroles publiques, il n’a pas manqué d’adresser quelques piques aux adversaires qui se rapprochent de lui dans les courbes des sondages, jouant la carte de l’avenir contre le passé. « Sur onze candidats, dix veulent nous ramener vers le passé. Ne les sifflez pas, combattez-les, allez convaincre", a-t-il lâché.

Mélenchon ou Fillon, « Fidel Castro ou Maurras »

« Pour certains ce sera Cuba sans le soleil, le Venezuela sans le soleil », expliquait-il à l’adresse des mélenchonistes. Déjà pris pour cible par les médias dominants, Macron lance ses piques pour faire du candidat de la France Insoumise, le chantre de l’extrême gauche. Une stratégie qui ne semble pour le moment pas payante pour le néo-libéral, Mélenchon étant toujours en course pour la 3ème place.

Le choix entre Fillon et Mélenchon ? « Thatcher ou Trotski, Fidel Castro ou Maurras », affirme-t-il, essayant de se placer comme le candidat de l’extrême-centre. Il n’oublie pas non plus d’évoquer les "candidats du repli". La foule, elle aussi, s’est "durcie" : "On n’en veut pas !", ont scandé les spectateurs en réponse à ces noms qui menacent leur candidat dans les sondages.

Le comble : l’ex-banquier Macron propose une loi de moralisation de la vie politique

Le andidat Macron s’est lancé dans une ode à la « Nation des Lumières », pour laquelle il veut bâtir "le début d’une nouvelle France", "la Nation où se construit l’avenir". Et l’ancien ministre de l’Economie de se poser en chantre de l’"idéal européen, de la réforme, de l’économie de la liberté, de l’entreprise". Ou comment faire de l’uberisation et de la précarité pour tous, une liberté.

Cela fut aussi l’occasion d’évoquer de nouvelles mesures pour tenter de canaliser et capitaliser sur la colère de la population, suite aux affaires à répétitions qui ont révélé la corruption généralisée de la caste politicienne. Il a ainsi évoqué la « réduction du nombre de parlementaires », l’introduction d’une dose de proportionnelle ou encore d’une loi de moralisation de la vie politique.

Un comble pour l’ex-banquier de Rotschield… qui ne perd pas le nord et s’est surtout dit "prêt" à gouverner avec ses soutiens, "porteurs du destin de la France".




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