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Politique

Règlements de compte chez LR

« Tirer un penalty sans gardien et rater le but… C’est la présidentielle de Fillon »

A peine les résultats du premier tour annoncés, l’heure des règlements de compte a sonné chez Les Républicains. Suite à l’élimination de François Fillon avec un score légèrement inférieur à 20 %, les attaques fusent contre le vainqueur de la primaire de la droite et du centre.

La déception est profonde au sein du parti de la droite traditionnelle. En effet, après avoir été grand favori de l’élection présidentielle, François Fillon est éliminé dès le premier tour du scrutin, une première pour la droite traditionnelle sous la cinquième République. Dès lors les grandes manœuvres ont commencé à droite. Un comité politique de LR est programmé dans la matinée de ce lundi et un bureau politique en fin de journée, tandis que les coups fusent…

La droite remercie vivement François Fillon de nous avoir coulés…

Les raisons de la défaite sont toutes trouvées : Haro sur Fillon. Les responsables LR accusent François Fillon d’avoir torpillé une victoire qui pour eux était certaine avant que n’éclatent les affaires. À l’instar de Renaud Muselier, député européen et ancien secrétaire d’État qui juge que le Sarthois fait payer à son camp ses ennuis médiatiques et judiciaires de ces dernières semaines. « La droite remercie vivement François Fillon de nous avoir coulés… », a tweeté l’ancien premier adjoint à la mairie de Marseille. Et d’ajouter, toujours extrêmement remonté, quelques instants plus tard : « Tirer un penalty sans gardien et rater le but... C’est la présidentielle de Fillon. » Une belle note d’ambiance.

La droite est en train de vivre son ‘21 avril’

C’est aussi au tour de Jean-François Copé de lâcher les coups,de prendre sa revanche et d’appuyer là où ça fait mal : « C’était un combat réputé imperdable pour la droite et ça se termine en fiasco lamentable puisque la droite est en train de vivre son “21 avril” » a par exemple expliqué Jean-François Copé. Selon lui, cette élimination est un « moment historique », nécessitant « une grande reconstruction ». Une attaque appuyée par Georges Fenech : « Nous avons assisté à un suicide collectif de la droite et du centre pendant cette non campagne car il n’y a pas eu de campagne. […] Aujourd’hui nous en payons la note chèrement » a tancé le député.

Le tournant à droite au travers de Sens Commun critiqué

« Il aurait fallu davantage s’attaquer au danger que représentent le Front national et Marine Le Pen pour atteindre le second tour », a relevé le président de la région PACA, Christian Estrosi, pour qui l’importance prise par Sens Commun – la très réactionnaire émanation politique de La Manif pour tous – autour de François Fillon constitue l’une des raisons de la défaite. « Je suis scandalisé qu’ils aient fait partie de la campagne, ça en dit long sur la manière dont on a radicalisé l’électorat », a encore tancé l’ancien maire de Nice, « choqué » que le mouvement ne prenne pas position pour le second tour. C’est encore une fois la stratégie de François Fillon qui est attaquée, pour mieux évacuer la crise. 

Dati joue pour Sarkozy, les Juppéiste en embuscade

La bataille pour la prise du parti est déjà lancée entre Sarkozystes et Juppéistes : « La France de droite existe, la France de gauche existe, aujourd’hui simplement ceux qui représentent ces deux tendances » se sont « mal comportés », notamment « dans les méthodes pour faire campagne ». Une critique contre François Fillon. « Quel gâchis », a insisté Dati, déplorant que sa « famille politique » ne se soit pas « mise d’accord sur le plan B » faisant allusion au refus de Fillon d’être débranché. Côté Juppéiste, on s’active aussi. Sous couvert d’anonymat, certains affirment : « Juppé aurait gagné haut la main si on avait pu débrancher Fillon... » L’heure des règlements de comptes a, semble-t-il, bel et bien sonné.

Nous payons en réalité non pas le programme mais les erreurs

Pour éviter de mettre en lumière la crise profonde qui secoue Les Républicains pour préparer au mieux les législatives, on s’évertue à taper sur Fillon le bouc émissaire : « Nous payons en réalité non pas le programme » mais « les erreurs » de Fillon a pour sa part indiqué Jean-Christophe Lagarde. En pleine bataille des chefs, chacun a pourtant les législatives en vue. Laurent Wauquiez appelait « à ne pas se relâcher dans la perspective des législatives ». Cependant, la déchirure est profonde au sein de la droite, d’autant plus certains comme les plus réactionnaires, Nadine Morano vise à faire pression plus à droite en appelant LR à ne pas se positionner en faveur de Macron.

Les changements de veste sont légions, expression d’une crise profonde du parti de la droite traditionnelle : le bouc émissaire est tout trouvé et la guerre des chefs ne fait que commencer… 




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