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Jeunesse

Mouvement étudiant

Tolbiac. La mobilisation continue, la Présidence s’affole

A Tolbiac (Paris 1), la mobilisation continue. A l'issue d'une assemblée générale rassemblant 800 étudiants hier, la reconduction du blocage de la fac a été votée.

800 étudiant.e.s en AG reconduisent le blocage

Nouvelle journée de mobilisation à Tolbiac, principal site de l’université Paris 1, Panthéon-Sorbonne. Alors que de nombreux sites de Paris 1 étaient fermés administrativement par la Présidence depuis plusieurs jours, les étudiants ont enfin pu réinvestir leur université aujourd’hui. Le site a été bloqué dès 7h30 mercredi par les étudiants afin de réunir l’Assemblée générale, qu’ils devaient déjà faire depuis vendredi dernier.

800 étudiants et étudiantes étaient présents à 10 heures dans le traditionnel amphi N. Alors que la question du blocage est au centre des discussions, plusieurs étudiants insistent sur son caractère tactique : « bloquer n’est pas une fin en soi, notre objectif c’est que des milliers d’étudiants aillent en manif ». Un étudiant insiste « Aujourd’hui c’est à nous, à la jeunesse de se mobiliser, face à toutes les attaques en cours, pas aux vieux, aux retraités. Vous avez peur d’aller en manif ? Moi aussi j’ai peur, de me faire gazer, finir en garde à vue, mais aujourd’hui il faut y aller ! On peut changer les choses ! » Alors que les dernières mobilisations étudiantes n’ont pas abouti sur des victoires revendicatives, plusieurs personnes prennent la parole contre un certain scepticisme ambiant. Paul, un militant au Poing Lev s’exclame : « On peut faire reculer cette réforme. En 1986, ils ont fait reculer le gouvernement sur la sélection, pour trente ans ! Aujourd’hui on peut repousser la hausse des frais d’inscription pour autant. »

Plusieurs enseignants participent à l’Assemblée générale et racontent la précarité croissante dans l’université, contre laquelle il faut se mobiliser : « Les doctorants vacataires ici à Paris 1 ne sont même pas mensualisés, pour des cours faits en novembre, on ne sera payés qu’en février ».

Georges Haddad, président de Paris 1, nouvel allié des étudiants ?

Évènement notable de cette Assemblée générale, la venue de Georges Haddad, Président de l’université. Dans les huées et le brouhaha, celui qui l’année dernière calomniait l’occupation de Tolbiac en y inventant des combats de chiens et de la prostitution, puis avait signé pour que des CRS viennent expulser l’occupation, a essayé de convaincre les étudiants réunis en AG qu’il était de leur côté. Dans un intervention des plus démagogiques, il est revenu sur son parcours de vie en tant qu’étudiant tunisien venu faire ses études en France, en expliquant qu’il ferait tout pour que cette loi ne passe pas. Chiche, peuvent dire les étudiants. Que fait aujourd’hui en effet Georges Haddad, pour combattre les réformes de casse de l’université ? Il est en réalité à l’origine des fermetures administratives des centres, terrorisé par la perspective que les étudiants s’organisent.

Face au cauchemar qu’ont été pour la présidence de Paris 1 et le gouvernement, la mobilisation massive des étudiants et l’occupation de Tolbiac pendant des semaines, au printemps dernier, la direction semble avoir changé de stratégie. Place désormais au « dialogue », comme l’affirme Georges Haddad, dans un communiqué de presse publié mercredi dans la soirée et envoyé à l’ensemble des étudiants. Le président revendique et met en avant, dans le communiqué en question, sa venue devant les étudiants dans l’amphi N et « le dialogue entamé depuis plusieurs jours ». Il a également convié à plusieurs reprises les représentants étudiants pour des réunions d’urgence pour essayer de gérer la crise. De peur que le blocage de la fac continue, voire qu’une nouvelle occupation soit votée, la présidence a annoncé accorder aux étudiants la banalisation des cours lors des assemblées générales. A quelques jours des vacances, et des partiels pourtant, la banalisation des cours ne pèsent pas lourd pour permettre aux étudiants de se mobiliser. Les étudiants ont ainsi voté à l’AG de mercredi, un aménagement des examens, avec l’obtention de la note minimale de 12/20 pour tous les étudiants qui ne peuvent pas se rendre à leurs partiels car ils se mobilisent, et que les autres puissent passer leurs partiels. Georges Haddad a répondu un « NON » tranchant à cette question, arguant qu’il ne voulait pas de diplômes au rabais. Pas loin des « examens en chocolat » de Macron il y a quelques mois…

Si Haddad veut se faire passer pour l’allié objectif des étudiants et faire croire à sa solidarité avec le mouvement, son obstination à ne rien accorder de substantiel pour aider les étudiants à pouvoir se mobiliser, ainsi que ses ordres de fermetures administratives, qui empêchent les étudiants de s’organiser, sont autant de signes qui montrent dans quel camp il se trouve réellement. Contre ces pastiches de dialogue et de conciliation, qui visent en réalité à convaincre les étudiants de ne pas renforcer l’affrontement, les étudiants de Tolbiac ne doivent accepter aucune négociation avec la Présidence et continuer à construire le mouvement, pour faire retirer la hausse des frais d’inscription et dégager Macron.

Crédit : LP/Lucas Barioulet




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