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Politique

Dans la violence des matraques

Tolbiac. Un jeune serait entre la vie et la mort suite à l’intervention policière

L’évacuation, ce matin, à 5h, du site de Tolbiac, a été d’une violence extrême. Parmi les occupants enjambant les grilles à la suite de l’irruption brutale des forces de répression, deux auraient été blessés, dont un gravement. D'après plusieurs témoignages l'un d'eux serait « gravement blessé à la tête », et peut-être selon certaines sources dans le coma.

Selon des sources syndicales de l’APHP, deux occupants auraient été évacués, très tôt ce matin, après l’entrée de la police à Tolbiac. Ils auraient été admis aux urgences de la Pitié Salpêtrière et de l’hôpital Cochin, pour le plus grave.

Compte-tenu de la façon dont le site de Tolbiac est entouré de très hautes grilles, certains des occupants qui les auraient enjambées pour échapper à l’arrivée massive des forces policières auraient pu tomber. L’un d’entre eux, qui aurait été déséquilibré par les forces de l’ordre, selon certain témoins, aurait fait une chute de trois mètres et perdu connaissance. Paris-luttes.info a interrogé un témoin sur place : « Vers 5h10, 5h20 alors que les flics étaient déjà à l’intérieur, les CRS restaient en bas dans la fosse mais des membres de la BAC sont montés sur les terrasses (amphis d’été) pour chopper des gens. Un groupe a réussi à sortir en sautant mais au moment où la dernière personne allait sauter, un bacqueux lui a attrapé la jambe. Le mec a perdu l’équilibre et est tombé, la tête la première, par dessus le muret. Il s’est éclaté la tête par terre (chute d’au moins 3m) et ne s’est pas relevé. Il saignait des oreilles. »

Une représentante de l’UNEF interrogée par le journal Marianne confirme « il s’est dirigé vers la grille avant de l’escalader et de chuter lourdement sur la tête ». Un autre étudiant, cité par Reporterre raconte : « "On a voulu le réanimer. Il ne bougeait pas. Du sang sortait de ses oreilles ». Il raconte qu’il est emmené inconscient par les pompiers.

Admis dans un état grave à l’hôpital Cochin, la police aurait, toujours selon des témoins, nettoyé l’endroit où l’occupant aurait chuté, rue Baudricourt, derrière l’entrée principale de la fac. La rue latérale, qui longe le site, à 13h était encore totalement bouclée par les forces de police, qui ne laissaient même pas passer les résidents.

D’après la représentante de l’UNEF citée par Marianne toujours, les blessés ne manquent pas : "Tout le monde s’est fait matraquer, on ne compte plus les doigts cassés" contrairement aux affirmations de la police qui persiste à parler d’une évacuation "dans le calme" et "sans aucun incident".

[Crédit photo : RévolutionPermanente]




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