Notre classe

Après avoir été reçus par le ministère de l’industrie…

Toulouse. 100 personnes devant l’usine de Latécoère

Publié le 25 octobre 2016

Les Latécoère se sont réunis à près d’une centaine, dont la moitié de soutiens extérieurs, pour faire un état des lieux de la situation, après le rendez-vous d’une délégation au ministère de l’industrie à Paris, mais aussi pour montrer qu’ils n’ont rien lâché.

John Strempe

Ce mardi, devant l’usine de Latécoère, c’est près de 100 personnes qui sont venues, entre ouvriers et soutiens extérieurs, pour montrer que le combat n’est pas fini, malgré le fait que l’on soit en période de congés. Les ouvriers de Latécoère subissent de plein fouet l’avidité des fonds de pensions qui les ont rachetés il y a plus d’un an, en faisant face à un plan de licenciement qui vise à supprimer plus de 200 postes. Bien que les syndicats FO et CGC aient signé l’accord, la CGT reste opposée a ce projet et le fait savoir.

Christophe, ouvrier de Latécoère et délégué syndical de la CGT, également présent lors de la dernière AG à la fac du Mirail, a d’abord pris la parole. Il tenait à rappeler que les mobilisations ont rarement commencé avec tous les ouvriers en lutte dès le départ, et que leur tâche est de faire sortir ceux qui ne sont pas là, sans les culpabiliser. Il a conclu son intervention en remerciant les soutiens présents, et notamment Labinal de Villemur, la CGT Airbus, la jeunesse « qui nous soutient depuis notre première lutte en décembre  », la présence des médias, les cheminots, les retraités de la métallurgie, l’UD CGT 31, l’US. Ensuite, c’est un autre travailleur de Latécoère, Florent, également délégué syndical de la CGT, qui a pris la parole pour résumer deux rendez-vous. Un premier avec les autres sections CGT du secteur des aérostructures, durant lequel a émergé la volonté d’écrire un manifeste sur les aérostructures et la position du syndicat sur cette filière, dont Latécoère tient une part importante. Puis un second rendez-vous la semaine dernière, au ministère de l’industrie qui, à l’inverse du rendez-vous avec le préfet qui tenait sur le fait que « la situation de Latécoère ne mettent pas en péril la filière  », s’est axé autour de la mise en danger de l’entreprise Latécoère elle-même. Mais Florent rappelle que ce ministère « n’est pas convaincu par la mise en danger de l’entreprise face au plan de licenciement ». Ben voyons…

Ensuite, Xavier Petracchi (CGT Métallurgie) et Cédric Caubère (UD CGT) ont pris la parole pour avancer le fait qu’il y a d’autres luttes, d’autres boites qui subissent un sort similaire à celui de Latécoère, notamment dans la région, et qu’il faut unir ces conflits.

Les ouvriers de Latécoère ne baissent pas les bras et ont d’ailleurs lancé un appel au don ainsi qu’une pétition en soutien à leur combat, afin de les aider financièrement et moralement dans la bataille. Et comme le rappelait Christophe lors de sa prise de parole «  tous les gens qui sont ici doivent pas rentrer la tête baissée, si des gens ne sortent pas c’est parce qu’ils ont peur, on ne doit pas les juger mais les amener vers nous ». Une assemblée générale de travailleurs devrait être prochainement organisée sur le site de Latecoere Périole pour décider collectivement des suites à donner au mouvement, par-delà l’appartenance ou non à un syndicat.