Politique

Triste anniversaire

AZF. Impunité, TOTALe 15 ans après

Publié le 21 septembre 2016

Il y a maintenant 15 ans que la catastrophe de l’explosion de l’usine d’engrais AZF a eu lieu à Toulouse. Cette filiale de la société Grande-Paroisse, affiliée au groupe Total, est responsable de l’accident industriel le plus retentissant en France depuis la Seconde Guerre mondiale. En effet, près de 21 salariés et sous-traitants du site ont trouvé la mort dans l’explosion, ainsi que 10 autres personnes, sans compter les milliers de blessés.

Boris Lefebvre

Le 21 septembre 2001 à 10h17, la ville de Toulouse a été secouée par l’explosion de l’usine AZF, située au sud de l’agglomération. Dix jours seulement après les attentats du 11 septembre à New York, cette catastrophe industrielle a profondément impacté la ville, tant sur le plan humain que matériel. En effet, la déflagration due à l’explosion d’un stock de 300 tonnes d’ammonitrates a provoqué la mort de 31 personnes, dont de nombreux ouvriers présents sur les lieux. Mais ce sont aussi les vitres des quartiers sud de la ville qui ont volé en éclats, notamment au Mirail. En tout et pour tout, près de 2 500 personnes ont été blessées suite à des bris de verre et 26 000 logements ont été sinistrés. Les secours ont dû intervenir pendant près d’une semaine pour porter assistance à toutes les personnes touchées par ce drame.

Par ailleurs, au-delà de l’onde de choc de ce 21 septembre, le cataclysme industriel a également eu pour conséquence de détruire une certaine partie du tissu économique local. Plusieurs entreprises aux alentours ont été contraintes de déposer le bilan, entraînant de fait plusieurs licenciements sur les court et moyen termes. Une catastrophe à tous les niveaux donc pour notre classe, touchée de plein fouet par l’explosion et par l’ensemble des conséquences économiques qui en découlent.

Aujourd’hui, la commémoration en hommage aux victimes s’est tenue dans une ambiance tendue, depuis que l’on sait que le procès contre Total ne se tiendra plus à Toulouse comme cela avait été le cas auparavant jusqu’à son pourvoi en cassation. Le transfert du procès dans la capitale est en effet ressenti comme une tentative de museler la parole des victimes de l’accident, et de dédouaner Total à bon compte. Jean-François Grelier, président de l’association « des sinistrés du 21-septembre » exprime son mécontentement envers l’industriel par cette déclaration : « C’est le rêve de toute dictature : réussir à faire un procès sans victime ». Il rappelle également que les procès mobilisaient quotidiennement entre 400 et 600 personnes, preuve que la volonté de la population de voir la lumière se faire sur cette affaire et sur la responsabilité du groupe français restait intacte malgré les années...