Société

5 à 8 mois de prison ferme prévue originellement par le procureur

Toulouse. 3 mois de prison ferme pour avoir volé un fromage... après 72h à jeun

Publié le 22 novembre 2016

Le tribunal correctionnel de Toulouse a condamné ce lundi un homme de 22 ans à trois mois de prison ferme pour avoir volé un fromage et s’être défendu du vigile qui tentait de l’interpeller. Devant le juge, et pour seul défense face à cette justice de classe, l’homme a rappelé qu’il n’avait alors rien mangé depuis trois jours.

Xavier Dolan Z

Son casier judiciaire vierge ne l’aura pas empêché d’écoper d’une peine deprisonferme. Lundi 21 novembre, dans l’après-midi, un ressortissant Marocain de 22 ans en situation irrégulière a été jugé par le tribunal correctionnel de Toulouse.

Son seul tord ? Avoir volé... une bûche de chèvre dans un supermarché ALDI, avenue de Lardenne à Toulouse. Manque de bol, l’agent de sécurité en service a remarqué l’écart et l’a poursuivi. C’est ainsi que, le fait qu’il ait voulu s’en défendre, justifie le vol « avec circonstances aggravantes ». Mais qui aurait fait autrement ? Comme le rappelle son avocate, l’homme a agit de la sorte « parce-qu’il ne voulait surtout pas être arrêté alors qu’il n’a pas de papier ». Ce qui se comprend aisément à l’heure où les sans-papier sont chassés, le plus souvent expulsés.

Le jeune homme qui par ailleurs est inconnu des forces de polices et a un casier judiciaire totalement vide, dans une situation de détresse absolu, rappelle qu’il « a fait ça pour manger », lui qui n’avait « rien avalé depuis trois jours ». Ces justifications ne lui ont donc pas évité la prison, même sile procureur de la Républiqueavait requis une peine bien plus lourde initialement allant jusqu’à huit mois ferme. On se demande ce qu’il en aurait été si, en plus d’avoir le défaut d’être dépourvu de papier le jeune Marocain cumulait celui d’être gourmant, volant en plus d’une modeste brique de fromage, du pain et des gâteaux...

La situation d’irrégularité de la victime aura-t-elle eu un impact sur l’ampleur de la sanction ? On ne peut que trop se le demander dans un contexte politique où le racisme et l’islamophobie sont toujours plus accrus. Cette histoire n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle d’un sans-abris de 18 ans qui, en mai dernier avait été condamné pour s’être introduit dans une propriété privée de Figeac pour y voler du riz, des pâtes et une boîte de sardines. Il avait alors indiqué aux juges qu’il avait commis ce vol « par nécessité », car il avait faim. Le tribunal correctionnel de Cahors l’avait condamné à deux mois de prison ferme.

Cette affaire n’est pas sans avoir suscité de nombreuses réactions face à cette injustice, notamment sur Twitter. Les internautes soulignant, parfois avec humour, l’extrême sévérité d’une peine disproportionnée par rapport au délit commis.

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