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Genres et Sexualités

8 mars

Toulouse. « Au Mirail comme partout, les féministes sont debout ! »

Dans la ville rose, la manifestation du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes, a réuni environ 2000 personnes. Dans une ambiance combative, les femmes de différents secteurs – soutenues par leurs collègues et camarades hommes – ont marché ensemble.

A Toulouse, la journée du 8 mars prenait une dimension toute particulière en raison des différentes luttes dures menées depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, par différents secteurs. En premier lieu, le CHU et l’université du Mirail. Les attaques que subit le milieu hospitalier depuis plusieurs années touche particulièrement les femmes, du fait de la féminisation forte des emplois dans ce secteur – infirmières, aides-soignantes, etc. – mais aussi car les restrictions budgétaires ont pour conséquences la suppression de lits dans le service gynécologique et restreignent drastiquement les lits pour les IVG. Certains services du CHU de Toulouse sont en grève depuis plusieurs mois.

Dans le même temps, au Mirail, les personnels et les étudiants luttent depuis le mois de décembre contre la fusion des universités toulousaines et la sélection. Une logique qui menace directement les postes des BIATSS, travailleurs non enseignants qui sont en immense majorité des femmes ; mais qui menace également des filières de sciences sociales, dans lesquelles sont inscrites en moyenne deux fois plus d’étudiantes que d’étudiants.

Rendez-vous était donc donné à la place Arnaud Bernard jeudi midi, pour défiler pour le droit des femmes, à l’appel de nombreuses organisations : Alternative Etudiante, APIAF, ATTAC, Bagdam Espace Lesbien, Collectif JeudiOnze, Collectif des Luttes Etudiantes Féministes du Mirail, des femmes du CMPDF, les Chorâleuses, DAL31, Ensemble !, Féministes Insoumises, Femmes de Papiers, Femmes Egalité Toulouse, FSU, Karavan, Ligue des Droits de l’Homme 31, Le Cri, Marche Mondiale des Femmes, Mouvement de la Paix, NPA, Parle Avec Elles, Osez Le Feminisme, SUD CT, SUD Santé Sociaux, UD CGT31, Union des EtudiantEs de Toulouse, Solidaires Étudiant-e-s, Université Populaire de Toulouse, Union Syndicale Solidaires 31…

Au rythme de chants et de slogans, la manifestation s’est rendue jusqu’au métro Jean Jaurès. Le cortège de l’université du Mirail, qui regroupait étudiantes et travailleuses, a été particulièrement remarqué, de par son nombre (près de 200 au départ de la manifestation) et par sa radicalité. Certains slogans ont même été inventés pour l’occasion, tels que « Au Mirail comme partout, les féministes sont debout ! » ou repris, comme « A bas, à bas, le capitalisme et le patriarcat ! »

Le dispositif policier déployé pour l’occasion était impressionnant. Des rangées entières de CRS suivaient de près le cortège du Mirail. Les manifestantes ont été empêchées de terminer la manifestation sur la place Wilson par les barrages mis en place par les forces de répression. Cela n’a pas empêché les manifestantes de terminer la marche en chantant l’Hymne des Femmes, après des prises de paroles par les grévistes du CHU notamment, et en soutien aux femmes du monde entier, qui luttent pour leur émancipation (avec en particulier la lecture d’un communiqué des femmes kurdes).

Une partie du cortège a continué la marche jusqu’à François Verdier, fortement encadrée par les forces de répression, qui les ont empêchés d’entrer dans le centre-ville.

Cette journée d’action toulousaine a été l’occasion de montrer que les femmes sont les premières victimes des attaques du gouvernement et du patronat, mais qu’elles sont aussi en première ligne pour les combattre. La présence d’étudiantes, des travailleuses de différents secteurs, et la forte dimension internationaliste et anti-capitaliste de l’évènement pose un premier jalon pour organiser une riposte d’ensemble des différents secteurs en bataille, notamment en vue du 22 mars.




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