^

Notre classe

Aéronautique

Toulouse. FO Airbus reste silencieux sur le 12 septembre

Alors que le débat fait rage en interne de Force Ouvrière, la section Airbus Toulouse reste pour l’heure silencieuse, tandis que l’UD FO 31 ne fait pas partie des signataires de l’appel unitaire. Une position qui pose problème, tant la centrale syndicale a du poids dans ce secteur clef qu’est l’aéronautique.

L’aéronautique. Un secteur clef pour les classes dominantes

Il fait peu dire que l’aéronautique est un secteur essentiel de l’économie française. Selon un article de La Tribune paru en 2015, la France est le deuxième exportateur mondial dans l’aéronautique, derrière les États-Unis, et occupe 22 % des parts du marché à l’échelle du globe. Tiré par la locomotive Airbus, ce sont des centaines d’entreprises sous traitante, dont les plus en pointe ont des chiffres d’affaires de plusieurs dizaines de millions d’euros, qui forment ainsi l’un des fleurons de l’industrie hexagonale.

6ᵉ entreprise française au CAC 40 derrière Total, AXA, Carrefour, Engie et EDF (67 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017), le groupe Airbus fait partie du gratin des multinationales françaises, occupant même le leadership mondial de l’aéronautique devant son éternel rival Boeing. Si le groupe est implanté à Hambourg, à Nantes ou encore à Saint-Nazaire, c’est bien entendu Toulouse (ou se trouve le siège social de l’entreprise) qui est connu comme le coeur d’Airbus, embauchant plusieurs dizaines de milliers d’ouvriers, sans parler bien évidemment des nombreux emplois dans la sous-traitance et dans le tertiaire généré par l’activité, en matière d’aéronautique comme d’aérospatial. Autant dire qu’à échelle locale comme nationale, l’entrée en bataille des travailleurs de l’aéronautique changerait totalement la donne au vu du poids du secteur, en suivant l’exemple des grèves dans les raffineries, chez les routiers ou encore les cheminots lors du mouvement loi travail en 2016 qui avaient grandement ébranlé le gouvernement.

FO Airbus Toulouse. Un silence coupable

Fin 2014, Force Ouvrière obtient aux élections professionnelles 57,4 % des voix sur 11 600 votants (pour 15 000 inscrits environ), le syndicat assoit son emprise syndicale sur le groupe, poursuivant une dynamique existant depuis la fin des années 60 dans le secteur, et qui consistait à combattre par tous les moyens l’influence de la CGT.

Sur Toulouse, FO n’a pas rejoint l’intersyndicale appelant au 12 septembre, contrairement à la quarantaine d’UD à échelle nationale qui sont passé outre les prises de positions de collaboration de classe de Jean-Claude Mailly. Du côté de FO Airbus, on semble jouer la montre, sans prise de position sur la ligne dictée par le secrétaire général de la confédération. Un silence coupable, et aucun appel à mobilisation dans secteur qui, sans aucun doute, contribuerait grandement à faire ravaler son arrogance à Edouard Philippe, fanfaronnant que quel que soit l’ampleur de la mobilisation, les ordonnances seraient appliqués.

Tout comme les syndicalistes de FO qui n’ont pas attendu l’accord de Mailly pour appeler à la mobilisation le 12, ceux d’Airbus n’ont pas à attendre les ordres de la direction de FO Airbus pour défendre leurs droits.

Et cela ne se fera pas par des recours juridiques ou des votes dans des instances consultatives, comme le dit Mailly, mais dans la rue et par la grève.




Mots-clés

Loi travail 2   /    airbus   /    FO   /    Toulouse   /    Notre classe