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Toulouse. Grève à Onet : « On est solidaires, c’est tout le monde ou rien ! »

Malgré les pressions de la direction, qui tente à tous prix de briser la grève, les travailleurs d'Onet, chargés du nettoyage des Airbus A330 sur la chaîne d'assemblage, poursuivent la grève.

Ils sont près d’une soixantaine à s’être mis en grève le jeudi 8 juin. Anciennement employés par TFN Atalian, les agents de nettoyage travaillant sur les A330 après assemblage ont vu leurs conditions de travail considérablement dégradées après que le contrat a été repris par la société Onet. Les contrats qu’on a voulu leur faire signer au 1er juin induisaient entre autres un salaire plus bas que lorsqu’ils étaient employés par TFN, mais aussi la suppression des tickets restaurant, ou encore l’obligation de laver eux-mêmes leurs tenues, pourtant exposées quotidiennement à des produits toxiques et des copeaux, pour un dédommagement ridicule de 3,79 € par mois.

Par ailleurs, les anciens travailleurs de TFN avaient mené une grève victorieuse en décembre, au cours de laquelle ils avaient obtenu une requalification entraînant une augmentation de salaire, mais qui n’avait jamais été effective pour le secteur de l’A330. Les autres secteurs, qui n’ont pas changé d’employeur, ont pourtant été requalifiés, avec un salaire plus élevé. De ces acquis, la direction d’Onet ne veut actuellement pas en entendre parler.

En décembre, voyant que les directions syndicales ne défendaient pas réellement leurs intérêts auprès de la direction, les travailleurs étaient entrés en grève spontanément. Aucun d’entre eux n’étant syndiqué, ils avaient désigné spontanément un à deux représentants par équipe – jour, nuit, inter… – pour les négociations. Cette expérience récente est encore fraîche dans la mémoire de plusieurs d’entre eux, et leur permet de s’organiser pour la lutte en cours.

Les méthodes scandaleuses de la direction

En grève depuis cinq jours, les conséquences commencent déjà à se faire sentir pour le patronat d’Airbus et la direction d’Onet, qui voient leurs profits diminuer. Le travail sur la chaîne est considérablement ralenti par le débrayage des agents de nettoyage ayant le plus d’expérience et la formation nécessaire pour ce genre ce poste. Mais la direction ne l’entend pas de cette oreille, et Onet a fait venir des travailleurs d’autres sites et des intérimaires pour briser la grève, ce qui est parfaitement illégal.

Les grévistes ont appris que certains intérimaires non qualifiés se retrouvent à travailler seuls dans des caissons, alors que c’est interdit et que c’est une tâche qui s’effectue à deux au minimum pour des raisons évidentes de sécurité. L’un des intérimaires, informé sur ses droits, a refusé de travailler seul dans une voilure ce mercredi matin. Il a alors été renvoyé par Onet, en guise d’exemple, afin de mettre la pression sur l’ensemble des intérimaires !

De plus, contrairement à décembre, la direction a refusé de recevoir les six représentants désignés par les travailleurs en grève ce mardi, et n’en a accepté que deux dans les négociations, au détriment évident du choix des grévistes. Car il est beaucoup plus démocratique qu’il y ait au moins un représentant par équipe, désigné par ses collègues qui le connaissent et lui font confiance pour représenter leurs intérêts.

Des acquis partiels

Au terme de la rencontre de ce mardi, entre deux représentants des grévistes, la direction d’Onet et l’inspection du travail, les travailleurs ont obtenu quelques avancées, qui restent cependant en-deça de leurs anciennes conditions de travail. Ainsi, certains d’entre eux voient leur salaire augmenter de quelques centimes de l’heure, ce qui équivaut à ce qu’ils percevaient avant. Mais les grévistes chargés du nettoyage au sol, eux, n’en bénéficient pas. Il s’agit très clairement d’un moyen de diviser les travailleurs en lutte, en accordant quelques acquis partiels à certains, mais rien à d’autres. De plus, l’augmentation qui leur est promise n’équivaut pas à la requalification qu’ils avaient obtenue en décembre. Requalification qu’Onet refuse toujours d’accorder. Enfin, les tickets restaurant (à hauteur de 120 euros) supprimés seraient remplacés par des primes de 80 euros, imposables qui plus est. « Ils ont voulu nous la faire à l’envers, il faut qu’on leur montre qu’on se laissera pas faire ! »

Dans les discussions, ce qui ressort, c’est la solidarité nécessaire pour sortir victorieux.

On s’est mis en grève tous ensemble, on est tous sortis ! On rentrera ensemble, il faut rester solidaires, ils essaient de nous diviser !

Pourtant, la lutte est difficile pour beaucoup d’entre eux. Ils ont des familles, des enfants. « Ce n’est pas par plaisir qu’on fait ça », expliquent-ils. C’est pourquoi, dès les premiers jours, ils ont mis en place une caisse de soutien, condition primordiale pour une grève victorieuse.

Solidarité avec les ouvriers d’Onet !




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