Notre classe

Manque de moyens toujours croissant pour les universités

Toulouse. Grève des personnels dans l’UFR de psycho du Mirail et à l’université Paul Sabatier

Publié le 18 septembre 2016

TD surchargés, amphis bondés, personnel enseignant et BIATSS (personnel non enseignant) en sous-effectif, cours fusionnés ou supprimés, emplois du temps incohérents… Cette rentrée 2016 ne fait pas exception à la règle et la grogne s’exprime déjà dans deux universités de Toulouse : Paul Sabatier et dans l’UFR (unité de formation et de recherche) de Psychologie du Mirail, où les personnels ont voté la grève pour ce lundi 19 septembre.

A. Bronstein

A Paul Sabatier et au Mirail, personnels en lutte contre la dégradation des conditions d’étude et de travail

Le désengagement de l’État dans l’ESR (l’enseignement supérieur et la recherche), l’autonomie budgétaire et de gestion des universités instaurée par la loi LRU, ainsi que l’augmentation toujours croissante des effectifs d’étudiants débouchent sur une dégradation constante des conditions d’étude et de travail, l’accroissement des inégalités et la mise en concurrence des universités.

Celui se traduit notamment par une pression à la rentabilité, la volonté de mettre en place des filières qui forment la main d’œuvre dont les entreprises locales et nationales ont besoin, au détriment des domaines d’études qui sont considérés comme moins rentables. À l’université toulousaine de sciences (Paul Sabatier), le Président avait dévoilé fin juin un « plan de développement »pour éviter une mise sous tutelle : un véritable plan social qui vise en réalité à supprimer environ 200 postes pour faire des économies, dans un contexte où les effectifs se verront accrus de plus de 3000 étudiants. En juillet, les personnels avaient envahi le conseil d’administration (CA) pour empêcher le vote de ce « plan de développement » et comptent bien lutter jusqu’au bout puisque, réunis en assemblée générale vendredi dernier, ils ont voté la grève pour lundi 19 septembre, date du prochain CA.

En parallèle, à l’université du Mirail, ce sont les personnels de l’UFR de Psycho qui se sont réunis en AG le vendredi 16, où ils ont eux aussi voté la grève – à l’unanimité – pour ce lundi, qui marque la rentrée des étudiants sur la fac. Dans leur communiqué, que nous avions relayé, ils dénoncent le manque de moyen, rendant impossible un enseignement de qualité et mettant en danger la santé des personnels, à cause d’un manque croissant de personnel enseignant et administratif (5000 étudiants de psychologie pour 100 enseignants titulaires et 24 personnels administratifs cette année !).

Étudiants et travailleurs de la fac, même combat !

Si les grèves annoncées pour ce lundi sont à l’initiative des travailleurs de l’université Paul Sabatier et de l’UFR de Psycho du Mirail, la solidarité des étudiants avec les enseignants et les BIATSS est indispensable à la victoire.

La logique de la casse de l’université tend à en faire un secteur rentable de l’économie, en minimisant les coûts et en « l’intégrant au tissu économique local ». La politique patronale et gouvernementale est guidée par une logique de rendement, au détriment des conditions de travail et d’étude et souvent au mépris de la santé des travailleurs. Cette logique, qui ne fait que s’accélérer, notamment avec le passage en force de la loi travail, vise à exploiter et précariser toujours plus les travailleurs pour se faire du bénéfice sur leur dos.

Et cela ne se limite ni à l’université Paul Sabatier, ni à l’UFR de Psycho du Mirail ! C’est l’ensemble de l’enseignement supérieur qui est dégradé d’année en année, et cela se traduit de manière plus ou moins brutale et visible selon les villes, les facs et les domaines d’enseignement. Il est donc important que les personnels en grève ne restent pas isolés dans leur lutte et qu’ils soient rejoints par d’autres UFR, d’autres départements, d’autres universités – incluant personnels enseignants, non enseignants et étudiants !

Sur le Mirail, par exemple, qui regroupe près de 30 000 personnes (étudiants, enseignants et BIATSS), un travail de massification et de solidarité entre les différentes UFR et regroupant tous les usagers de l’université, quel que soit leur statut, doit être effectué, afin de faire entendre notre voix et d’obtenir plus de moyens pour de meilleures conditions d’étude et de travail !