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Jeunesse

Avant même la rentrée...

Toulouse. La fac du Mirail sous tension face au manque de moyens et au nombre de demandes d’inscriptions

Adoptée par le parlement le 19 décembre 2016 avec la complicité de la Fage et de l'Unef, la sélection en Master 1 commence à se mettre en place dans toutes les universités qui ont fait remonter avant les vacances leurs capacités dans les différentes filières. Dans l'UFR de psychologie du Mirail, qui n'a pas appliqué la sélection grâce à une mobilisation, et sur lequel se rapatrient tous les étudiants refusés ailleurs, la situation est très critique. À cela s'ajoute le tirage au sort en L1 qui va exclure des centaines d'étudiants des bacs de la fac.

À l’université du Mirail de Toulouse comme dans les autres, les conseils d’UFR ont fait remonter début 2017 des capacités en M1 pour les différentes filières au rectorat. Dans certaines qui manquent particulièrement de moyens, la pression était forte à annoncer des capacités bien moindres que le nombre de demandes. C’est notamment le cas de l’UFR de Psycho, qui a connu une grève importante des personnels à la rentrée 2016 qui se sont mis en mouvement pour exiger des moyens car devant accueillir 5000 étudiants pour seulement 100 enseignants titulaires et 24 personnels administratifs. Mais grâce à la mobilisation de 200 étudiants et personnels le 9 février dernier, le conseil de l’UFR a été empêché de voter des capacités d’accueil, s’engageant donc à ne pas sélectionner en Master 1 à la rentrée 2017.

Cependant, la majorité des autres universités ayant appliqué la sélection en M1 de psychologie, les étudiants qui se retrouvent sans débouchés après leur licence se sont en toute logique précipités vers Toulouse, parfois même depuis le nord de la France. Pour les décourager, l’université a demandé à ce qu’ils viennent retirer leurs dossiers de pré inscription en main propre le 5 juillet. Si cela a fonctionné pour une bonne partie, et notamment les plus précaires qui soit n’avaient pas les moyens de se déplacer de loin ou encore qui travaillaient et n’ont pas pu s’esquiver, ce sont tout de même 500 personnes qui se sont rendues à l’université en cette journée pour retirer un dossier, sous un dispositif important d’encadrement par de nombreux agents de sécurité. En effet, difficile d’annoncer à un ou une étudiante Alsacienne ayant pris un congé et risquant de perdre son emploi pour venir, qu’elle n’aura peut être pas de place une fois rendue dans la ville rose. En y ajoutant les candidatures « internes », ainsi que les étudiants redoublants et celles et ceux venus de l’étranger, le chiffre des demandes s’élève à 1800, contre 1000 accueillis l’année passée. Une situation a laquelle l’UFR déjà asphyxié va avoir du mal à faire face sans recevoir d’urgence des moyens pour ne pas avoir à sélectionner, ce qui serait une décision inacceptable qui laisserait des centaines d’étudiants sans formation, contraints pour bonne partie de mettre leurs études entre parenthèses ou de s’orienter vers des filières qu’ils n’auront pas choisies.

Dès la rentrée, l’enjeux sera de taille à se mobiliser, contre cette situation inacceptable pour les Masters, comme pour les centaines de bacheliers qui se retrouveront « sans facs » sachant que pour l’instant, rien qu’au Mirail plus de 1400 étudiants sont sur liste d’attente dans les filières à priori « non sélectives » et que plusieurs L1 sont déjà au complet. C’est notamment le cas de la Psychologie, la Documentation, ainsi que dans les Sciences Humaines et Sociales.

C’est sur cette situation critique à laquelle l’université du Mirail est loin d’être la seule confrontée que le gouvernement s’appuie pour annoncer la légalisation de la sélection sur critères dans toutes les filières pour la rentrée 2018. Comment expliquer cette situation alors que Macron promet d’augmenter le budget militaire français de 2 milliards par ans, si ce n’est que cela relève d’un choix politique ? Une stratégie d’asphyxie de longue durée, doublée de l’autonomisation financière des universités qui, mises en concurrence les unes avec les autres, sont contraintes d’appliquer l’austérité localement. Maintenant que la situation a suffisamment dégénéré, le gouvernement Philippe veut faire apparaître la sélection au « mérite » appliquée nationalement comme une solution, afin d’en finir avec l’accessibilité (déjà très relative) des études, et de les adapter considérablement aux besoins économiques.

Face à ce nouveau projet de loi qui devrait aboutir d’ici l’automne 2017, nous devons exiger des moyens non seulement pour notre université, mais pour l’ensemble de l’enseignement supérieur auquel aucuns moyens supplémentaires ne sont accordés depuis des années alors que le nombre d’étudiants est en constante augmentation. Un combat qu’il nous faudra mener aux côtés des lycéens, ainsi que du monde du travail qui descendra dans la rue dès le 12 septembre contre la nouvelle loi travail, qui a pour objectif de considérablement précariser le travail, et notamment celui des jeunes.




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