Jeunesse

L’art est public, l’art est pression

Toulouse. Les étudiants en art se réapproprient l’espace public contre la loi travail

Publié le 22 juin 2016

La Coordination des Étudiants en Filières Artistiques de Toulouse (Céfat) a vu le jour pendant la mobilisation étudiante contre la loi Travail. Elle a été lancée à l’initiative d’une poignée d’étudiants en musicologie et en Art&Com, réunissant aujourd’hui plusieurs dizaines d’étudiants en art, de filières variées (les réunions regroupent selon les jours entre 10 et 25 personnes). Des étudiants qui ont choisi de réaliser leur première action ce mercredi 22 juin.

Léonie Piscator

En dépit de nombreux imprévus, les membres de la Céfat sont parvenus à réaliser leur première action mercredi 22 juin, en fin d’après-midi. Malgré les rues toulousaines désertées à cause des premières grosses chaleurs - accompagnées de quelques soucis techniques -, ils ont pu mener à bien l’événement qu’ils préparaient depuis plusieurs semaines déjà. Par ce biais, ils ont su démontrer que si l’année universitaire est terminée, les étudiants sont toujours mobilisés et ne comptent pas céder face au gouvernement et au MEDEF.

À 17h30, deux immenses banderoles ont été lâchées du haut du pont St Pierre, visibles depuis les quais. Confectionnées par des étudiantes des Beaux Arts, on pouvait y lire « L’art est public, l’art est pression ». Dans le même temps, une batucada composée d’étudiants en musicologie a remonté les berges de la Garonne jusqu’à la place St Pierre pour interpeller les passants. Des moments dansés et rappés se sont ensuite succédé, notamment autour du thème de l’expression libre et de la volonté de mettre fin à un système qui réprime et opprime.

Durant toute l’action, les autres membres de la Céfat distribuaient des tracts aux passants, un tract visible ci-dessous :

Les banderoles ont ensuite été accrochées sur la place, et sous l’ombre bienvenue qu’elles produisaient, étudiants et passants ont pu discuter et partager un moment ensemble. Jusqu’à ce que la police arrive et demande sans négociation possible aux « responsables du désordre » de ranger le matériel. Les membres de la coordination, d’un commun accord, ont choisi d’obtempérer, estimant que l’action avait tout de même pu être menée à bien, tout en ayant surtout conscience que cet événement ne serait sûrement pas le dernier. La lutte continue !