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Notre classe

Convergence des luttes

Toulouse. Les grévistes du CHU et de la fac ensemble contre la casse du service public

Ce mardi 19 décembre, une centaine de manifestants se sont rassemblés devant l'Hôtel-Dieu Saint-Jacques, centre administratif du CHU de Toulouse, pour bloquer son accès. Hospitaliers en grève, soutiens extérieurs et étudiants et personnels du Mirail étaient ainsi réunis pour protester ensemble contre les attaques faites au service public.

D’un côté, cela fait 60 jours que les transporteurs du sang sont en grève, rejoints depuis plus de deux semaines par le personnel du service de pédopsychiatrie. La raison : des conditions de travail qui se dégradent avec des services en sous-effectif et un manque de moyen croissant qui empêchent le personnel hospitalier d’effectuer correctement son travail. Comme le rappelait une porte-parole des grévistes venu s’adresser à l’AG étudiante cette semaine, alors que la vocation du personnel de l’hôpital est de soigner les patients, le manque de moyen et la pression sont tels que d’aide-soignant ils se sentent aujourd’hui « mal-traitants ». Si les grévistes sont pointés du doigt, car on les accuse de bloquer l’accès aux soins, nous ne pouvons que saluer leur mobilisation qui vise à enrayer cette logique de réduction des budgets et de suppressions de poste qui sert à justifier par la suite la privatisation du service public !

De l’autre côté, cela fait plus d’une semaine qu’une grande partie des étudiants et personnels de l’université du Mirail (l’UT2J) sont en grève et se mobilisent pour faire retirer le projet de fusion, qui marque aussi un tournant sans précédent vers la privatisation de l’université. Pour rappel, l’hiver dernier une mobilisation avait déjà commencé pour s’opposer à ce projet. Le président de la fac, Daniel Lacroix, avait promis une consultation de la communauté universitaire. Si cette promesse a été tenue, il ne s’en est suivi que des trahisons puisque alors même qu’il s’était engagé à respecter le résultat de la consultation (où le non est très majoritairement ressorti), il a utilisé par deux fois sa voix pour acter la fusion en Conseil d’Administration. Trahison qui n’est absolument pas passée, autant chez les personnels, qui se mobilisent massivement pour la première fois depuis des années, que chez les étudiants. À côté de ce projet localisé (bien que chaque université a été ou va être confrontée à ce genre de mutualisation/privatisation), c’est le Plan étudiants (Loi Vidal) qui touche toutes les universités françaises en ce moment, chose que les universitaires n’oublient pas, et ne sont pas prêts à laisser passer.

Cela fait une semaine que ces deux secteurs en grève à Toulouse commencent à tisser des liens. Déjà par le fait qu’une caisse de soutien a circulé dans les AG à l’initiative d’étudiants, mais aussi par la venue d’une délégation de grévistes du CHU dans ces mêmes AG pour à la fois informer sur leur lutte et pour soutenir celle ayant lieu au Mirail. Ce matin, ce sont en retour une quarantaine d’étudiants et personnels mobilisés qui sont allés sur leur piquet, devant l’Hôtel-Dieu, pour montrer leur détermination à faire converger les luttes. Une cinquantaine de grévistes du CHU de Toulouse, venus de différents services (aides-soignants, pédopsychiatres, transporteurs de sang…) bloquaient depuis 7 h l’accès de l’Hôtel-Dieu où siège la direction. Car ces deux secteurs sont confrontés à la même logique, qui détruit notre accès à la santé et à l’éducation : celle d’un pseudo manque de moyens (alors que de l’argent, il y en a !), qui permet ensuite de justifier la privatisation, la suppression de postes et la sélection sociale que cela entraîne dans chacun des cas… Ces attaques qui s’abattent aujourd’hui sur le CHU et l’UT2J ne sont en rien des attaques localisées, mais le fruit de ce que nous réserve leur programme néolibéral. Face à ces attaques, une seule solution : la grève et la convergence !




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