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150 personnes devant le rectorat de Toulouse

Toulouse. Rassemblement contre la casse de l’ESR et CA de Paul Sabatier délocalisé.

Publié le 29 septembre 2016

Ce mercredi, près de 150 personnes se sont rassemblées devant le rectorat de Toulouse, où le conseil d’administration de l’Université Paul Sabatier avait été délocalisé. En effet, la présidence, qui veut éviter sa mise sous tutelle et souhaite faire des économies qui pourraient supprimer près de 200 postes sur le campus, craignait une mobilisation massive.

Frédéric Apoyo

Les personnels et enseignants de l’Université Paul Sabatier avaient lancé un appel à rassemblement devant le rectorat de Toulouse ce mercredi matin à 8h30. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont été entendus. En effet, dans la droite ligne de leur lettre adressée à la communauté université du Mirail, les grévistes de l’UFR de Psychologie de l’Université Toulouse 2 était présent, ainsi que des enseignants et personnels des IUT de Castres et de Paul Sabatier, solidaires et également en lutte. Des représentants syndicaux du personnel et des enseignants était présent (CGT Ferc Sup, Sud Education, FO, FSU) tout comme les syndicats étudiants (Union des Etudiants de Toulouse, Solidaires Etudiant.e.s, UNEF) pour ce rassemblement marqué par la solidarité et la colère face à la casse généralisé de l’enseignant supérieur. L’union départementale CGT était également représentée.

A l’intérieur du bâtiment, gardé par la police, se tenait le conseil d’administration de l’Université Paul Sabatier, délocalisé au rectorat et fixé tôt le matin pour éviter une trop grosse mobilisation et toute interruption de séance. En effet, l’établissement, déficitaire pour la 3ème année consécutive, pourrait être mis sous tutelle du rectorat si le trou de 8 millions d’euros n’est pas résorbé. Un scénario que veut absolument éviterJean-Pierre Vinel, président de l’Université. Pour ce faire, ce dernier propose un plan drastique pour réduire les dépenses, ce qui selon les syndicats - qui ont chiffré les pertes sociales engendrées - se traduirait par la suppression de 200 postes au total. Une situation intolérable tant les effectifs d’étudiants croissent chaque année, tandis que les personnels et enseignants sont déjà sur la corde raide pour assurer des cours dans des conditions acceptables. Pour pallier les difficultés, Vinel envisage de précariser au maximum les emplois, notamment par le remplacement des personnels en CDI par des ATER (Attaché temporaire d’enseignement et de recherche) et vacataires pour réduire au maximum la masse salariale, au détriment des conditions d’accueil et d’enseignement. Une obsession pour l’actuel président, qui est allé jusqu’à menacer de démissionner si le plan proposé n’était pas accepté.Pour les grévistes, la mise sous tutelle est revendiquée. Une proposition qui va à contre-courant de la privatisation croissante des universités, matérialisée par l’application de la loi LRU et l’intégration aux conseil d’administrations de personnalités extérieures au poids croissant, représentant de grandes entreprises du tissu économique local. Une vision rentable de l’université qui est bel et bien la vision défendueJean-Pierre Vinel comme l’ensemble des présidents d’universités. Face à cette politique, la lutte pour la défense d’un service public d’enseignement supérieur délivrée du régime concurrentiel de l’excellence à n’importe quel prix et du management brutalement antisocial, tout comme la nécessité de faire converger les différentes luttes isolées qui, in fine, combattentcette même logique détruisant à petit feu non seulement l’ESR mais plus largement l’ensemble du service public(notamment le secteur de la santé). En ce sens, les grévistes de l’Université Paul Sabatier, de l’IUT de Castres et de Paul Sabatier comme ceux de l’UFR de psychologie au Mirail montrent la voie.