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Notre classe

Le harcèlement au travail tue

Toulouse. Un salarié du théâtre du Capitole se suicide suite au harcèlement de sa direction

Mercredi, un employé du Théâtre du Capitole, à Toulouse, s’est donné la mort sur son lieu de travail, ne supportant plus le harcèlement de sa hiérarchie. Loin d’être un fait divers, ce drame rappelle que le travail tue.

Mercredi soir, un travailleur du Théâtre du Capitole s’est pendu dans les ateliers de Montaudran où il travaillait en tant que menuisier ébéniste. Avant de mettre fin à ces jours, cet homme de 52 ans avait envoyé un mail aux syndicats pour dénoncer le harcèlement qu’il subissait de la part de sa hiérarchie. Le milieu du spectacle est un secteur qui exploite particulièrement les travailleurs : souvent mal payés, obligés de faire des heures supplémentaires...

Le harcèlement cependant est présent dans tous les corps de métier, à tous les niveaux de la société. Combien de vies les petits chefs et les DRH brisent-ils chaque année en France ? C’est le rôle des chiens de garde des patrons (y compris quand le patron, c’est l’Etat) : casser les liens de solidarité, casser les gens pour mieux assurer les bénéfices.

Parce que oui, le travail tue. Selon des statistiques publiées par Solidaires en 2017, en comptant les accidents du travail, les maladies professionnelles, les accidents liés au trajet, le travail a fait plus de 20.000 morts depuis 2000 en France. Un chiffre qui rappelle que les conditions de sécurité sont loin d’être optimales dans nos lieux de travail. Un chiffre également qui ne prend pas en compte les suicides liés à la répression syndicale, à un management inhumain, aux licenciements de masse. Que ce soit dans le milieu du spectacle, dans l’aéro, à la SNCF, à la Poste, dans les télécoms, à l’hôpital, ce sont des dizaines de travailleurs qui mettent fin à leurs jours à cause de leur travail.

Le travail tue ! Et plus que le terrorisme, plus que la grippe aviaire, plus que les faits divers (c’est d’ailleurs ainsi que la Dépêche parle d’un suicide au travail) ! Pourtant, entend-on les grands patrons, les gouvernements et les médias à leur botte s’en plaindre ? Non, selon eux il faudrait travailler toujours d’avantage, faciliter toujours plus les licenciements ! Combien de victimes du chômage ? Là encore, un silence lourd de conséquences.

Les directions trouveront toujours une excuse pour se dédouaner. La personne avait des problèmes familiaux, des problèmes financiers, était instable émotionnellement... La classe dominante cherche systématiquement à faire oublier sa propre violence. Mais la violence est omniprésente dans cette société, elle est sur les comptes en banque, elle est dans le harcèlement au travail, dans les cadences toujours plus dures qui sont imposées, dans les discours des ministres qui demandent toujours plus d’austérité, dans les licenciements... Il va falloir se battre contre ce gouvernement, contre ce système qui ne sait qu’exploiter toujours plus durement et briser des vies.

Toutes nos pensées vont à la famille et aux proches de cet agent du Théâtre du Capitole : parce que personne ne devrait perdre sa vie à la gagner.

Photo : Image Courtesy © betec Lighting AG