^

Jeunesse

Pas de flics dans nos facs !

Toulouse. Une intervention policière au Mirail ? Un aveu de faiblesse du gouvernement !

Alors que les grévistes du Mirail voient la victoire contre la fusion des universités toulousaines se rapprocher, le gouvernement a décidé de mettre la fac sous tutelle, ouvrant à la possibilité d’une intervention des forces de répression sur le campus.

Hier, au cours d’une assemblée générale massive, les personnels grévistes et les étudiants mobilisés du Mirail apprenaient la bonne nouvelle : l’IDEX, subvention qui servait de moyen de pression à la fusion des universités toulousaines, ne sera pas allouée aux établissements toulousains. Ainsi, le projet de fusion devient caduc, prouvant par là même que seules la grève et la détermination des grévistes sont capables de faire plier le gouvernement et la direction de la fac.

Pourtant, ce mardi, Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, a décidé de placer le Mirail sous tutelle. « Les organes statutaires de l’établissement n’ont pas permis de régler cette situation de paralysie. De fait, aucune sortie de crise n’apparaît pour l’heure envisageable » explique un communiqué du ministère, sans pour autant faire mention explicite de la mobilisation massive que connaît le Mirail depuis maintenant plus de trois mois.

« Afin de remédier à cette situation et conformément aux dispositions de l’article L. 719-8 du code de l’Education, Frédérique Vidal a ainsi décidé de prononcer ce jour la dissolution des conseils centraux de l’université Toulouse Jean-Jaurès », apprend-on dans ce même communiqué. « Cela permettra la tenue d’élections qui […] auront lieu dans un délai de trois mois. Dans l’attente du scrutin, l’administration provisoire de l’université Toulouse Jean-Jaurès a été confiée à M. Richard Laganier, professeur des Universités et ancien président de l’université de Guyane. »

Mais les grévistes ne comptent pas se laisser faire ! Cette décision du ministère est un véritable aveu de faiblesse : la mobilisation massive au Mirail, et l’ébullition que connaissent d’autres universités actuellement contre le plan étudiant, ne laisse pas le gouvernement indifférent. A Montpellier, des AG réunissant plus d’un millier d’étudiants se sont tenues à plusieurs reprises ; à Bordeaux, après la répression subies par les étudiants de la Victoire et le blocage qui s’en est suivie, ils étaient près de 1000 en AG ce mardi ; à Poitiers, à Paris, à Rennes, la colère commence à s’exprimer.

Les étudiants et personnels du Mirail commencent à s’organiser face au risque d’intervention des forces de répression sur le campus. Ils étaient plus de 700 à se réunir spontanément après avoir appris la nouvelle, afin de réfléchir collectivement à la réponse à apporter au gouvernement. Les médias et les organisations syndicales ont été prévenus largement de la situation, et certains soutiens de poids se sont faits connaître.

Les grévistes du CHU de Toulouse, en lutte depuis plusieurs mois et en lien avec le Mirail, sont venus sur le campus en solidarité. Des messages de soutien sont parvenus depuis de nombreuses villes : Montpellier, Bordeaux, mais aussi Barcelone et Madrid ! Les étudiants mobilisés de Poitiers ont produit un communiqué de soutien, à l’instar de la CGT Ferc Sup Paris Dauphine et bien d’autres encore. Plusieurs autres initiatives de solidarité voient le jour, telles qu’un rassemblement de soutien en train de s’organiser place de la Sorbonne à Paris, ce soir.

Tandis qu’au Mirail, la résistance s’organise (rondes régulières, commissions, contacts presse…), les facs du pays se positionnent clairement contre la répression. Alors qu’à Toulouse la mobilisation était jusqu’à présent relativement isolée, le risque d’une intervention policière a déclenché une vague de solidarité qui devient une véritable épine dans le pied du gouvernement qui cherchait depuis le début à isoler les grévistes !




Mots-clés

Fusion des universités   /    Mirail   /    Grève   /    Toulouse   /    Répression   /    Jeunesse