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Jeunesse

La plus grosse assemblée générale depuis le début du mouvement

Toulouse le Mirail. Près de 700 personnes en AG, une semaine combative en perspective

Correspondants Ce lundi 11 avril, après une fin de semaine dernière placée sous le signe de la répression sur le campus, 650 étudiants se sont rassemblés en assemblée générale à l'université du Mirail à Toulouse.

« Pourquoi on est là »

4h30 de débats ont animé les travées de l’amphithéâtre 8 du Mirail pour ce qui est, pour l’instant, la plus grosse assemblée générale du mouvement contre la loi travail sur le campus toulousain. Un premier point « Pourquoi on est là » a donné lieu à des interventions très politiques sur les raisons de se mobiliser contre la loi travail, mais aussi pour témoigner de la précarité étudiante, du désir d’en finir avec l’abattement et pour convaincre de la nécessité de défendre nos intérêts collectivement. L’Assemblée générale a ensuite discuté des perspectives d’action avec l’idée de profiter de cette dernière semaine avant les vacances pour grossir la mobilisation et se donner les moyens de reprendre de plus belle à la rentrée, en maintenant un niveau d’organisation et un principe d’action pendant les vacances scolaires.

La question du « blocage » mise en perspective

La question du « blocage » a particulièrement traversé les débats, grandement alimentée par la campagne de diffamation et de répression que mène la présidence de l’université envers les étudiants mobilisés. En effet, plusieurs communiqués ont été envoyés à l’ensemble des étudiants et du personnel de la fac faisant état de « casseurs, de marginaux, de personnalités extérieures » pour jeter le discrédit sur la grève des étudiants et tenter de diviser et d’isoler le mouvement. Le double discours de la présidence, qui prétend soutenir la mobilisation quand elle ferme administrativement la fac pour déposséder les étudiants qui s’organisent de leur lieu d’étude et de rencontre, n’aura dupé personne, les étudiants mobilisés ayant publié dans la foulée un contre-communiqué dénonçant efficacement la manœuvre.

À part pour les étudiants spécialement venus pour s’opposer au blocage et crier à la « prise en otage », ces fervents anti-bloqueurs qui arrivent tôt ou tard et sont descendus à la tribune pour appeler ouvertement à la démobilisation, un effort dans les prises de parole a été fait pour tenter d’apporter un recul sur cette question. Celle-ci doit rester un moyen et une question tactique, qui doit se comprendre dans une lecture plus globale et stratégique de l’état de la mobilisation nationale. En ce sens beaucoup d’étudiants grévistes ont cherché à dialoguer avec les étudiants qui venaient pour la première fois en assemblée générale.

Au programme : blocage économique, solidarité avec cheminots, Nuit Debout... AG d’UFR, piquets de grève le 14, bataille contre le chantage aux examens…

Parmi de nombreuses propositions qui ont été adoptées pour faire vivre la mobilisation cette semaine sur le Mirail et sur Toulouse, l’assemblée générale a décidé de la tenue d’un stand étudiant aux Nuits Debout toulousaine, dans l’optique d’œuvrer à la rencontre de différents secteurs. Un rassemblement de soutien aux cheminots est organisé mardi 12 avril, conformément à l’appel de la Coordination nationale étudiante, pour témoigner de la solidarité du mouvement étudiant envers les cheminots, pour qui les négociations sur le décret socle débutent demain et pour appeler à lier nos revendications et à mettre en place une stratégie en commun. D’autres actions et initiatives ont été aussi décidées pour rythmer la semaine. Un motion de solidarité avec les travailleurs et la jeunesse de Mayotte, actuellement en grève générale, a été également votée.

Jeudi, des piquets de grève, votés à une majorité courte mais suffisante des présent-e-s, seront montés pour permettre à tous de participer à la manifestation qui aura lieu le jour même et qui s’organise en lien avec d’autres secteurs, notamment lycéens. Des assemblées d’UFR se tiennent mercredi midi, au moins en sociologie et en philosophie-lettres-musique-arts&com’, mais aussi entre étudiants et enseignants d’anthropologie. Une commission prend en charge les revendications pour l’aménagement des partiels, et a rencontré une première fois la présidence pour commencer les négociations, qui seront soutenues par les profs personnels et précaires qui étaient également réunis en assemblée générale ce midi.

La CNE au Mirail le week-end prochain

Ce week-end, le Mirail accueillera la prochaine Coordination nationale étudiante, et ce sera notamment l’occasion de faire un point d’étape de la mobilisation et de mettre en place une stratégie et un calendrier d’ensemble pour les vacances et en vue de la rentrée, qui doit être programmée comme le « second round » de la mobilisation, dans la foulée des journées du 28 avril et du 1er mai. Dans l’ensemble, face aux défis qui restent à relever, un bilan plutôt positif qui témoigne de la détermination de toujours plus d’étudiants à construire un mouvement fort et dans la durée pour faire définitivement reculer le gouvernement, et obtenir le retrait sans condition du projet de loi travail.




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