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Jeunesse

3 000 en AG !

Toulouse le Mirail : Une Assemblée Générale historique ce mardi !

L’assemblée générale de ce mardi 13 mars va marquer les esprits ! Après une semaine de blocage, la fac a pour le moins repris vie. Dès 12 h, le grand amphi, comptant 700 places était plein à craquer, et pour cause : ce sont au total près 3000 personnels et étudiants qui y ont participé.

La question du blocage attisait les débats depuis une semaine que ce soit du côté des grévistes, que du côté des personnes non mobilisées ou pas encore mobilisées. Et du côté des grévistes, pas d’opinion tranchée : à la fois le blocage permettait d’enfin mettre au point mort le Mirail dont une partie de ses acteurs se mobilisent depuis décembre et de faire en sorte que ni étudiants ni personnels administratifs ne soient plus soumis à la pression. D’un autre côté, étant donné que les cours n’avaient repris que depuis une journée, il n’y avait pas eu de temps pour ré-informer les étudiants et s’organiser conséquemment pour que la fac reste vivante durant ces journées de blocage. Et effectivement, durant toute cette semaine il n’y a eu que peu d’étudiants pour venir sur le campus. Un pari risqué en somme...

Un pari risqué qui valait la peine d’être pris !

S’il n’y a pas de chiffres exacts, il n’y a qu’à voir les photos et les vidéos pour se rendre compte de l’ampleur qu’a pris cette assemblée générale ! Environ 3000 personnels et étudiants se sont réunis pour penser la suite de la mobilisation. Les débats étaient diffusés en direct à l’extérieur des bâtiments car des centaines d’étudiants n’ont pas pu se frayer un chemin jusqu’à l’amphi.

Sur les 3000 présents, il n’y avait évidemment pas que des personnes convaincues de la lutte contre la fusion et la sélection (et/ou contre le blocage) mais pour ce qui est par exemple de la question de la prolongation du blocage jusqu’au jeudi 15, les résultats finaux ont été criants : 680 contre, 1390 pour. Soit le double, si ce n’est le triple de personnes qui ont souhaité maintenir le blocage par rapport à ce qu’avaient pu être les votes antérieurs sur ces mêmes questions.

Plusieurs raisons ont entraîné le choix de la date du 15 pour une prochaine assemblée générale et une éventuelle reconduction du blocage : d’abord il s’agit d’une date de mobilisation et de convergence nationale avec d’autres secteurs, mais aussi parce que la veille (mercredi 14 mars), le président de l’université Daniel Lacroix doit se rendre à Paris pour discuter du rendu du jury IDEX. Un bon moyen donc de faire passer le message : le Mirail, ses étudiants, ses personnels administratifs et même une partie de ses enseignants-chercheurs ne lâcheront rien avant le retrait du projet de fusion et du plan étudiant !

En début d’assemblée générale, plusieurs représentants de différents secteurs sont intervenus pour informer le Mirail, et soutenir la lutte en cours. Des enseignants du secondaire et de la primaire, des hospitaliers du CHU de Toulouse en grève depuis plusieurs mois, des cheminots qui se préparent à affronter les attaques du gouvernement… Tous sont venus prendre la parole avec le même message : nous devons être unis pour soutenir les cheminots, pour lutter contre la casse généralisée du service public et la cure d’austérité que nous prépare le gouvernement, en commençant par se retrouver dans les rues, toutes et tous ensemble le 15 et le 22 !

Une motion de soutien des personnels et étudiants mobilisés du Mirail en soutien aux travailleurs en lutte du CHU et du rail a été largement adoptée par l’assemblée générale.

« Massifier » ou « radicaliser » ? Les deux !

L’assemblée a par la suite été le lieu de débats, et ce notamment autour des modalités d’action et de construction de la grève. Si nous nous battons aujourd’hui pour, a minima, une université ouverte à tous et contre la fusion localement, il est frappant de voir à quel point des pressions matérielles (et idéologiques) s’exercent déjà sur les étudiants : peur de ne pas avoir son année, de redoubler, de perdre ses bourses… Des pressions qui s’exercent de plus en plus sur les étudiants, et qui ne tendront qu’à s’amplifier avec les projets du gouvernement. Des pressions qui voudraient nous faire croire qu’il n’y a pas d’autres voies que de marcher seul pour récupérer des miettes. Mais c’est justement cette logique que différentes interventions ont tenté d’enrayer. Car c’est tous ensemble qu’en 68 et 86 étudiants et ouvriers ont fait reculé le gouvernement, et c’est tous ensemble que nous devons aujourd’hui continuer à lutter !

Si une des raisons de l’essoufflement de la lutte, qui commençait à se faire sentir, tenait notamment à la situation de stagnation dans lequel se retrouve le Mirail, fac largement mobilisée depuis décembre, cette Assemblée vient redonner un vent d’air frais. Déjà par le fait qu’elle a atteint des records de participation, ce qui montre que l’extension de la lutte est toujours possible, mais aussi car elle a monté un cran en radicalité puisque près de la moitié des étudiants et des personnels se sont prononcés pour la continuation du blocage.

Un faux-conflit d’intérêts a pu aussi commencé à être désamorcé aujourd’hui entre les « pro-blocage » et les étudiants en DAEU. N’ayant pas d’autres possibilité pour avoir une équivalence du bac (chèrement payé) que de le passer cette année, l’AG a très majoritairement décidé de se positionner en faveur de l’ouverture de salle pour qu’ils puissent y avoir cours. À la présidence et aux enseignants d’en prendre maintenant note, car du côté des grévistes, il est hors de question de rester divisés avec des étudiants qui ont finalement les mêmes intérêts qu’eux.

D’une lutte locale et sectorielle à une lutte nationale et tou.te.s ensemble ?

Un autre élément qui provoquait un certain essoufflement était la situation d’enclavement. Le Mirail est en effet une des seule facs avec Montpellier à avoir connu des assemblées assez massives (bien que cela commence à prendre dans quelques autres villes). La lutte n’avait finalement que peu de visibilité et de soutien au niveau des médias, puisque la majeure partie des articles qui paraissent dans la presse étaient mensongers et tentaient de décrédibiliser la mobilisation. Or les cartes pourraient bien être rebattues avec le fait que la lutte devienne de plus en plus visible, que ses rangs sont en train de grossir, mais surtout avec les dates de convergence qui commencent à se structurer nationalement avec d’autres secteurs (cheminots, santé, travail social, lycées…) !

Pour des services publics de qualité et accessibles à tous : tous et toutes dans la rue les 15 et 22 mars ! Mettons un frein à ce gouvernement des riches !




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