Jeunesse

Faisons front !

Toulouse le Mirail. Une première réunion publique sur les violences policières rassemble 100 personnes

Publié le 18 octobre 2016

Ce mardi midi, à l’Université du Mirail à Toulouse, se tenait une première réunion publique appelée par des professeurs, dans la continuité de la tribune de Libération et la dynamique lancée par le meeting organisé à Tolbiac. C’est ainsi que 100 personnes, enseignants et étudiants, se sont rassemblés pour ouvrir le débat sur la fac... et préparer la suite !

Correspondants

A Toulouse aussi, l’appel à faire front pour la défense des droits démocratiques fait des émules. Une initiative qui fait suite à la tribune de Libération – dont les professeurs organisateurs de cette réunion publique sont signataires – en réaction à l’agression à Saint Denis de Guillaume Vadot, doctorant à la Sorbonne par des policiers, et dont l’esprit était en résonnance directe avec le meeting qui s’est tenu il y a peu à Tolbiac. Cette réunion avait pour but d’ouvrir le dialogue au sein de l’université du Mirail sur plusieurs plans. D’une part, un dialogue entre étudiants et professeurs, sur la question des violences policières, du racisme d’Etat et de la répression et sur le rôle spécifique que l’Université pourrait et devrait jouer sur ces questions en contribuant à la compréhension, l’analyse et la dénonciation ce qui se passe ; mais d’autre part, aussi, en vue de construire des liens entre la jeunesse, les travailleurs subissant la répression et naturellement les premières victimes de ces violences, depuis des décennies : les populations subalternisées, racisées, des quartiers populaires. Une échéance ouverte qui se voulait donc être un premier pas. Pari tenu, puisque c’est dans cet esprit qu’une centaine de personnes ont répondu à l’appel, et ont débattu de la situation et des perspectives à venir.

Notre Dame des Landes, procès des Goodyear, menaces du pouvoir sur la liberté de la recherche et répression dans les Universités comme à Evry ou bien encore les violences policières dans les quartiers et envers les migrants ont ainsi étéau cœur du débat ouvert suite à l’introduction d’Emmanuel Barot, professeur de philosophie du Mirail. Très vite, l’évidence de penser à l’après-réunion a été posée, avec la volonté d’initier une dynamique qui ne se limite pas aux quatre murs, certes neufs, de la faculté. Plusieurs échéances ont été proposées et relayées : le rassemblement de demain devant les TGI en soutien aux Goodyear, la « semaine contre la répression » organisée sur la ville par différents collectifs, l’organisation d’un événement en commémoration de l’assassinat de Rémi Fraisse dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, l’évacutation de la ZAD de Notre Dame des Landes ou encore les mobilisations contre le démantèlement de la « jungle » de Calais et en soutien aux migrants.

L’intervention de A., étudiant du Mirail arrêté arbitrairement lors d’une manifestation en mai dernier et condamné à 3 mois de prison avec sursis, a fait ressortir la nécessité de ne pas se contenter de décrire et dénoncer les violences policières, mais de les analyser plus en profondeur pour interroger la nature de la police,de l’appareil judicaire, et en particulier le rapport structurel entre police et violence. Plus généralement, ce sont également des perspectives sur des groupes de travail, des rencontres interdisciplinaires, ou encore artistiques, sur le campus, qui ont été proposées, aux antipodes de la mise au pas que Manuel Valls et consorts (« expliquer c’est déjà un peu excuser » avait-il dit en 2015 après les attentas) voudraient imposer aux sciences sociales et aux pensées et pratiques critiques en général.

Quelques choses est-il né au Mirail, ce 18 octobre ? Les présent.e.s ont d’ores et déjà décidé de se retrouver après les vacances de la Toussaint pour commencer à concrétiser ces perspectives. Avec l’idée, à terme, de construire entre étudiant.e.s, enseignant.e.s et l’extérieur de l’université - notamment le quartier même du Mirail, mais aussi toutes les organisations syndicales et politiques, associations engagées sur ces questions, et en particulier, les collectifs antiracistes et associations de quartiers - ces liens qui seuls permettront de faire front contre ce tournant autoritaire d’ensemble. Dans l’immédiat, un communiqué émanant de la réunion est en cours de rédaction.